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L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

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Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

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Chapitre 4. La conquête de Madagascar au 19e siècle, ou la marche continue de la mondialisation (1971-1975)

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CHAPITRE 4

La conquête de Madagascar au 19e siècle, ou la marche continue de la mondialisation (1971-1975)

Introduction

L’année 1815, date du traité de Vienne qui clôture la fin des guerres napoléoniennes, marque le début de la Pax Britannica. Elle se terminera brutalement, après 99 ans de paix relative, par la première guerre mondiale en 1914. Pour Dario Battistella, le 19e siècle « représente l’ordre international le plus stable ayant existé depuis l’émergence du système international moderne […] Les guerres, au cours desquelles s’opposent deux, au maximum trois [grandes puissances], sont courtes et peu meurtrières, » comme il l’écrit en 2006 dans son livre Retour de l’état de guerre (p. 51). Elle accompagne la longue phase de déclin de l’économie chinoise qui prendra fin 200 ans plus tard, dans les années 1990.

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