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L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

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Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

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Chapitre 12. Le détour par les États-Unis des années 1990 : découverte de l’origine historique de la grande consommation mondiale entre le 16e et le 18e siècle (1994)

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CHAPITRE 12

Le détour par les États-Unis des années 1990 : découverte de l’origine historique de la grande consommation mondiale entre le 16e et le 18e siècle (1994)

Introduction

Le 7 février 2015, Kurt Andersen dans l’International New York Times publie un article avec une question : « quelle a été la meilleure décade de tous les temps aux États-Unis ? » et une réponse : « les années 1990 bien évidemment ». C’est l’ère Clinton. Il rappelle qu’au début des années 1990 presque personne n’avez entendu parler du Web, des moteurs de recherche, des téléphones mobiles, des ordinateurs portables ou des réseaux numériques. À la fin des années 1990, tout le monde connaît tout cela et, ajoute Kurt Andersen, Steve Jobs revient chez Apple et permet sa renaissance. En même temps, presque personne n’est vraiment inquiet sur les émissions de carbone et le réchauffement de la planète (p. 9). C’est aussi le moment Starbucks, celui de l’arrivée d’un « excellent café dans toute l’Amérique », qui démarre avec cent points de vente au début des années 1990 pour atteindre 2000 à la fin de la décade. Aujourd’hui, il y a 13 000 Starbucks aux États-Unis.

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