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L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

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Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

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Chapitre 18. Une immersion dans le quotidien de la classe moyenne danoise (1999)

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CHAPITRE 18

Une immersion dans le quotidien de la classe moyenne danoise (1999)

Introduction

Nous sommes à Odense au Danemark, en 1999. « Le quartier où je fais mon observation avec un couple d’étudiants danois est composé de maisons individuelles, plutôt “dispersées” si je compare avec le centre-ville d’Odense d’où l’on vient et les habitats collectifs d’à côté ». Ce sont des grandes barres dans lesquelles vivent des immigrés du Moyen-Orient. Je prends des photos tout au long de l’itinéraire.

Le lieu fait campagne. « À chaque maison correspond un jardin. En marchand, nous passons devant une station d’essence où on vend du bois, du gaz et de la tourbe écologique pour faire du feu. On peut aussi y acheter des cigarettes. C’est là où l’étudiante vient d’habitude. Devant la station, il y a aussi à vendre des remorques de voiture pour transporter du bois ou les mauvaises herbes du jardin », comme cela me le sera expliqué plus tard à partir des commentaires sur les photos.

J’utilise en effet la « photo elicitation », ou photo stimulus, une technique que j’avais apprise aux États-Unis, à USF, en 1994, grâce à Douglas Harper, le fondateur de la revue Visual Sociology. Cette technique avait été mise au point par John Collier en 1957. En 1967, il publie un livre Visual Anthropology : Photography as a Research Method, réédité en 1992. Comme il l’écrit, « l’image invite les personnes à prendre la direction...

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