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Documents diplomatiques français

1950 (1er janvier – 31 décembre)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

L’année 1950 marque les progrès et la sophistication accrue de la perception du problème posé par le communisme soviétique. Le facteur idéologique dans le conflit Est-Ouest est désormais pleinement pris en compte : la France est vraiment entrée en Guerre froide. Mais le principal sujet, c’est la guerre de Corée. Le danger d’une extension du conflit est pris tout de suite très au sérieux. Paris choisit cependant la fermeté, ce qui n’empêche pas la prudence. Et on s’entend avec Londres dans ce sens, lors d’une rencontre le 2 décembre entre Pleven et Schuman et leurs homologues, Attlee et Bevin. En effet l’entrée en lice des Chinois en octobre et les réactions américaines inquiètent beaucoup Paris. Encore fin décembre, on veut garder l’option d’un retour des forces des deux camps sur le 38 e parallèle, c’est-à-dire le rétablissement du statu quo ante. L’affaire coréenne a de grandes répercussions sur l’ensemble de la politique extérieure. D’abord le problème du réarmement allemand est posé tout de suite de façon urgente. Les Américains envisagent la formation de dix divisions allemandes. On s’inquiète devant l’entente manifeste de Washington, Bonn et Londres à ce sujet. Le 16 septembre, Jean Monnet adresse à Schuman son fameux mémorandum : il suggère « un plan Schuman élargi » reprenant l’esprit de la proposition de Communauté charbon - acier présentée le 9 mai précédent, mais déclinée pour encadrer le réarmement allemand dans un ensemble européen. Cependant le Quai n’apprécie guère la proposition de Jean Monnet et freine des quatre fers. La majorité des diplomates estiment que ce serait une rupture avec l’URSS et un obstacle à la politique d’intégration de l’Allemagne en Europe. Indiquons d’ailleurs qu’en ce qui concerne le « Plan Schuman » du 9 mai, le Quai ne s’en occupe vraiment que sur deux points : la question de la participation britannique et le problème de l’autorité de contrôle de la future Communauté charbon-acier. La guerre de Corée a aussi de considérables conséquences pour le problème indochinois, en particulier à cause de la menace chinoise croissante et de l’évolution de l’attitude américaine par rapport à ce conflit : Washington commence à s’intéresser à la défense de l’Indochine.
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313 Note de M. de Margerie, Directeur adjoint des Affaires politiques pour M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères

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313

NOTE DE M. DE MARGERIE, DIRECTEUR ADJOINT DES AFFAIRES POLITIQUES POUR M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1

Les conférences qui viennent de réunir à New York, entre le 11 et le 25 septembre, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense nationale des trois grandes puissances et le Conseil de l’Atlantique, font apparaître les résultats suivants, si l’on se place au point de vue français :

1) Résultats favorables.

      a)Le président Truman a annoncé, et M. Acheson a confirmé, un renforcement « très substantiel », aussitôt que faire se pourra, des effectifs américains en Europe ; ce renforcement, d’après la presse américaine, se situera entre 6 et 10 divisions, et dépasse donc sensiblement nos espérances ;

      b)la constitution d’une force unifiée pour la défense de l’Europe occidentale est acquise ;

      c)cette force unifiée sera pourvue immédiatement d’un état-major international, et, dès qu’elle présentera un caractère suffisamment substantiel, d’un commandant suprême.

Ces trois points correspondent à trois des revendications essentielles formulées dans le mémorandum français du 17 août dernier2, qui a donc exercé une influence considérable sur les décisions du gouvernement des États-Unis et apporté une contribution essentielle à la solution du problème de la défense de l’Europe occidentale.

2) Résultats défavorables.

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