Show Less
Restricted access

La professionnalisation en débat

Entre intentions et réalisations

Edited By Stéphane Guillon and Najoua Mohib

 La polysémie du terme même de professionnalisation ne permet pas de s’accorder sur un angle d’approche à privilégier. Une telle thématique est source de tensions dans la mesure où elle est le point nodal d’un rapport de forces entre deux systèmes dont les objectifs diffèrent : le marché du travail d’un côté, l’offre éducative de l’autre. Positionner le processus de professionnalisation comme objet central d’un ouvrage en sciences de l’éducation rend possible une lecture plurielle d’une problématique qui interroge le système éducatif en tant qu’il se transforme malgré lui pour répondre à des injonctions parfois paradoxales. Les auteurs ont développé des expertises dans les différents champs concernés ici : enseignement, formation, travail social. On trouvera dans cet ouvrage un effort définitionnel qui montre combien la professionnalisation est perçue à la fois comme un processus d’homogénéisation des pratiques à l’intérieur des groupes professionnels, mais également comme une injonction à modifier le contenu des savoirs transmis, pour répondre aux demandes du secteur productif en termes de compétences professionnelles ; ensuite une description des mécanismes de professionnalisation en termes de mise en oeuvre de dispositifs, d’ingénierie de diplôme, de modalités de financement et d’outillage des établissements d’enseignement supérieur et de ses acteurs ; enfin une réflexion sur les cadres théoriques ou idéologiques sous-jacents à ce processus de professionnalisation et les risques que cette évolution engendre sur le marché du travail et les systèmes de formation.

Show Summary Details
Restricted access

La professionnalisation des filières universitaires. De la création des IUT au LMD (Annie Cheminat)

Extract

← 106 | 107 →

La professionnalisation des filières universitaires

De la création des IUT au LMD

Annie CHEMINAT

Université de Strasbourg

Introduction

Dans un contexte déjà ancien de massification de l’enseignement supérieur et de demandes convergentes des milieux socio-économiques et des étudiants, la professionnalisation des formations universitaires reste à l’ordre du jour et fait encore débat, même si les universités sont engagées dans cette voie de longue date dans certaines disciplines comme la Médecine et, plus récemment, pour répondre à une succession d’injonctions politiques qui ont conduit de la création des Instituts universitaires de technologie (IUT) en 1966 jusqu’aux évolutions induites par le Processus de Bologne en 1999 avec la réforme LMD qui a abouti à l’identification de trois niveaux de diplôme : Licence, Master, Doctorat.

Ce faisant, les universités ont contribué à accroître leur légitimité sociale et économique dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Elles n’ont cependant pas complètement réussi à améliorer l’image des formations universitaires, encore assimilées pour le grand public aux seules filières généralistes, souvent choisies par défaut par des étudiants qui peinent à trouver leur voie. Certains en oublient même que les Diplômes universitaires de technologie (DUT) proposés par les IUT et certains diplômes d’ingénieurs très prisés, relèvent des universités ! Il reste que l’opposition...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.