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La professionnalisation en débat

Entre intentions et réalisations

Edited By Stéphane Guillon and Najoua Mohib

 La polysémie du terme même de professionnalisation ne permet pas de s’accorder sur un angle d’approche à privilégier. Une telle thématique est source de tensions dans la mesure où elle est le point nodal d’un rapport de forces entre deux systèmes dont les objectifs diffèrent : le marché du travail d’un côté, l’offre éducative de l’autre. Positionner le processus de professionnalisation comme objet central d’un ouvrage en sciences de l’éducation rend possible une lecture plurielle d’une problématique qui interroge le système éducatif en tant qu’il se transforme malgré lui pour répondre à des injonctions parfois paradoxales. Les auteurs ont développé des expertises dans les différents champs concernés ici : enseignement, formation, travail social. On trouvera dans cet ouvrage un effort définitionnel qui montre combien la professionnalisation est perçue à la fois comme un processus d’homogénéisation des pratiques à l’intérieur des groupes professionnels, mais également comme une injonction à modifier le contenu des savoirs transmis, pour répondre aux demandes du secteur productif en termes de compétences professionnelles ; ensuite une description des mécanismes de professionnalisation en termes de mise en oeuvre de dispositifs, d’ingénierie de diplôme, de modalités de financement et d’outillage des établissements d’enseignement supérieur et de ses acteurs ; enfin une réflexion sur les cadres théoriques ou idéologiques sous-jacents à ce processus de professionnalisation et les risques que cette évolution engendre sur le marché du travail et les systèmes de formation.

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Note de lecture n° 3 : « Les Lumières du praticien réflexif » (Claude-Alexandre Magot)

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Note de lecture n° 3

« Les Lumières du praticien réflexif »1

Claude-Alexandre MAGOT

ESPE, École supérieure du professorat et de l’éducation, Strasbourg

« Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! », lançait Kant comme un cri de ralliement en décembre 1784 quand il tentait de donner une définition des Lumières. Il préconisait alors « la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable… ». Schön avec une formule plus modeste a proposé de considérer la réflexion comme « une caractéristique déterminante de la pratique professionnelle » des enseignants. Il a alors impulsé un « virage réflexif en éducation » sur lequel l’ouvrage ainsi titré, coordonné par Maurice Tardif, Cécilia Borges et Annie Malo, s’interroge trente ans après son initiation.

La première partie de l’ouvrage regroupe des contributions dont le but est de décrire le virage réflexif de Schön à travers les divers cadres théoriques s’en rapprochant. Les auteurs y exposent le développement de la notion de réflexion comme découlant des positions de Dewey trouvant un écho dans le fait sociétal de la modernité et la postmodernité. Il s’agit donc bien d’une percée critique procédant au renouvellement de l’éthique de l’enseignant semblable à l’injonction des Lumières investissant le peuple de sa propre souveraineté intellectuelle. De...

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