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L’enfance en conception(s)

Comment les industries culturelles s’adressent-elles aux enfants ?

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Edited By Gilles Brougère and Sébastien François

Cet ouvrage explore les conditions dans lesquelles s’élabore l’adressage aux enfants dans différentes industries culturelles. Il questionne en particulier la façon dont les professionnels impliqués dans la fabrique des produits pour enfants (auteurs, dessinateurs, éditeurs, scénaristes, game designers, etc.) abordent le travail de conception avec un certain nombre de connaissances, d’expériences ou même d’intuitions au sujet des enfants, qui interviennent pour guider ou justifier leurs décisions.

De quelle façon tous ces « savoirs » ou « représentations » sur l’enfance – qui demeurent hétérogènes, plus ou bien informés, tout en se révélant parfois en contradiction au sein d’une même entreprise – se construisent-ils et affectent-ils la conception des produits pour enfants ? Quelles logiques (ludiques, éducatives, scolaires, etc.) et quelles images de l’enfant (joueur, membre de famille, élève, etc.) sont ainsi activées par les industries culturelles ? Et qu’en est-il lorsque des enfants, bien réels, sont sollicités et impliqués dans le développement des produits ?

À partir d’enquêtes menées sur des terrains variés (littérature, bande dessinée, presse, applications mobiles, dessin animé) et suivant une démarche qui confronte le produit fini à ses différentes étapes de développement, aux chaînes de coopération qui permettent d’y aboutir et aux marchés dans lesquels il s’insère, ce livre offre un regard inédit et documenté sur la fabrication contemporaine des cultures matérielles et médiatiques des enfants et alimente les réflexions sur la figure de l’enfant-consommateur.

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L’enfant a-t-il sa place dans l’édition jeunesse ? (Nathalie Roucous / Véronique Soulé)

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L’enfant a-t-il sa place dans l’édition jeunesse ?

Nathalie ROUCOUS et Véronique SOULÉ

Experice, Université Paris 13-Sorbonne Paris Cité

La difficulté à désigner aujourd’hui les livres que les adultes destinent aux enfants sous des intitulés aussi divers que « livres pour enfants », « littérature de jeunesse », « littérature enfantine », « livres jeunesse », etc., est indéniablement liée à l’histoire de ce segment de l’édition et aux représentations que la société se fait de ces livres. Les trois critères proposés par Isabelle Nières-Chevrel montrent toutes les ambiguïtés sur la façon de positionner l’objet et les usages par rapport à l’enfant : « Il s’agit de livres écrits pour les enfants (une pratique de création) ; il s’agit de livres édités pour les enfants (une pratique éditoriale) ; il s’agit de livres lus par les enfants (une pratique culturelle) » (2009, p. 19). La question est d’autant plus saillante que, depuis quelques années, ce secteur de l’édition est très florissant. Selon les données du Syndicat national de l’édition pour l’année 2014, les livres jeunesse représentent 20 % de l’ensemble des ouvrages vendus, tous secteurs confondus, à raison d’une moyenne de 6 000 exemplaires par titre, même si ces chiffres tiennent en partie à quelques best-sellers grand format au prix élevé et à des séries sous licence ou à personnages récurrents.

C’est dans ce contexte que les travaux de recherche...

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