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Enjeux postcoloniaux de l’enfance et de la jeunesse

Espace francophone (1945-1980)

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Edited By Yves Denéchère

Si la jeunesse a joué un rôle important dans la construction des empires coloniaux, elle est également un enjeu essentiel des décolonisations et de leurs suites. Au second XXe siècle, les processus d’émancipation des peuples colonisés posent en effet avec force la question sociale et politique de l’enfance et de la jeunesse en contexte colonial et postcolonial, dans les pays devenus indépendants comme chez les anciens colonisateurs. L’intérêt de cet ouvrage est de mettre en avant les biopolitiques spécifiques aux enfants et aux jeunes qui ont émergé dans un ensemble complexe de questions politiques et diplomatiques, économiques et sociales, démographiques et populationnistes, philosophiques et religieuses. À l’instar des Colonial and Postcolonial Studies, il s’agit d’interroger les cultures postcoloniales et les articulations entre décolonisation et colonisation, notamment les prolongements de celle-ci dans celle-là. Pendant la décolonisation des empires français et belge et la construction de nouveaux États, les enfants et les jeunes ont été sujets de politiques voulues ou soutenues par des biopouvoirs et mises en œuvre par des protagonistes divers : armées, associations, humanitaires, colonialistes, nouvelles élites, militants, simples citoyens. Les archives publiques qui reflètent les différentes politiques menées ainsi que les sources écrites et orales d’associations ou d’autres organisations permettent de cerner les rôles d’acteurs non-étatiques. Les paroles, plus ou moins critiques, de celles et de ceux qui sont les premières personnes concernées par cette histoire – c’est-à-dire les enfants et les jeunes eux-mêmes – sont bien entendu également mobilisées.

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Le français à l’école dans la Tunisie postcoloniale : état des lieux et perspectives (Sofiane Bouhdiba)

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Le français à l’école dans la Tunisie Postcoloniale : état des lieux et perspectives

Sofiane BOUHDIBAUniversité de Tunis

En Tunisie, l’enseignement primaire avait été durant des siècles exclusivement fondé sur le modèle de l’école coranique, le kouttab. Le but premier de cette institution étant de faire apprendre à l’élève le Coran, l’enseignement se faisait exclusivement en langue arabe. La colonisation du pays en 1881 changera la donne, en introduisant le système de l’école moderne, bilingue ou francophone. Depuis l’accession à l’indépendance du pays (1956), l’enseignement primaire est bilingue, le français prenant au gré des contextes politiques une importance plus ou moins grande. L’éducation des jeunes a retenu la plus grande attention de la part des leaders politiques. Les choix linguistiques concernant les programmes d’enseignement ont toutefois fait l’objet de nombreux revirements stratégiques. On peut ainsi identifier, grosso modo, trois grandes périodes, qui verront tour à tour le français se revaloriser ou au contraire tomber en disgrâce dans le système éducatif tunisien. Commençons par examiner la manière dont la langue française est entrée dans le système éducatif tunisien.

I.  1956-1972 : l’ère du bilinguisme

En 1956, le jeune bureau politique du Néo-Destour1 a engagé la nation naissante dans une politique linguistique bilingue2. Il faut dire que, entre 1955 et 1969, 60 % des membres du parti étaient francophones3, beaucoup d’entre eux...

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