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Enjeux postcoloniaux de l’enfance et de la jeunesse

Espace francophone (1945-1980)

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Edited By Yves Denéchère

Si la jeunesse a joué un rôle important dans la construction des empires coloniaux, elle est également un enjeu essentiel des décolonisations et de leurs suites. Au second XXe siècle, les processus d’émancipation des peuples colonisés posent en effet avec force la question sociale et politique de l’enfance et de la jeunesse en contexte colonial et postcolonial, dans les pays devenus indépendants comme chez les anciens colonisateurs. L’intérêt de cet ouvrage est de mettre en avant les biopolitiques spécifiques aux enfants et aux jeunes qui ont émergé dans un ensemble complexe de questions politiques et diplomatiques, économiques et sociales, démographiques et populationnistes, philosophiques et religieuses. À l’instar des Colonial and Postcolonial Studies, il s’agit d’interroger les cultures postcoloniales et les articulations entre décolonisation et colonisation, notamment les prolongements de celle-ci dans celle-là. Pendant la décolonisation des empires français et belge et la construction de nouveaux États, les enfants et les jeunes ont été sujets de politiques voulues ou soutenues par des biopouvoirs et mises en œuvre par des protagonistes divers : armées, associations, humanitaires, colonialistes, nouvelles élites, militants, simples citoyens. Les archives publiques qui reflètent les différentes politiques menées ainsi que les sources écrites et orales d’associations ou d’autres organisations permettent de cerner les rôles d’acteurs non-étatiques. Les paroles, plus ou moins critiques, de celles et de ceux qui sont les premières personnes concernées par cette histoire – c’est-à-dire les enfants et les jeunes eux-mêmes – sont bien entendu également mobilisées.

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Former une jeunesse qui aurait des « souvenirs français » : les enjeux de la nationalisation des Polynésiens au temps de l’Union française (1946-1960) (Marie Salaün)

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Former une jeunesse qui aurait des « souvenirs français » : les enjeux de la nationalisation des Polynésiens au temps de l’Union française (1946-1960)

Marie SALAÜNUniversité Paris Descartes, Centre d’anthropologie culturelle

Pour qui s’interroge sur ce qui advient concrètement des rapports sociaux établis pendant la colonisation française au moment des décolonisations, la date de 1946, qui signe pourtant la fin des « colonies » au plan institutionnel, n’est pas une sorte de temps t permettant d’identifier une rupture nette, marquée, franche, entre deux époques. Cerner le legs colonial oblige à dépasser une chronologie naïve de la décolonisation, car il n’est pas possible d’isoler des séquences complètement différentes de celles qui les précédaient directement1. Ce constat est d’autant plus vrai que l’on considère la situation particulière de ces territoires qui cessent d’être des colonies pour devenir des départements ou des territoires d’outre-mer, et qui, contrairement à la grande majorité des territoires qui composaient l’empire et vont constituer l’éphémère Union française, ne vont pas accéder à l’indépendance. La Polynésie française est un cas empirique particulièrement riche pour mesurer les enjeux de cette « temporalité problématique » d’une décolonisation sans traduction en termes de souveraineté nationale2.

Ce texte veut interroger le projet assimilationniste qui y prend forme après 1946, alors que l’urgence est au maintien de ce territoire éloigné dans l’ensemble...

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