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Enjeux postcoloniaux de l’enfance et de la jeunesse

Espace francophone (1945-1980)

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Edited By Yves Denéchère

Si la jeunesse a joué un rôle important dans la construction des empires coloniaux, elle est également un enjeu essentiel des décolonisations et de leurs suites. Au second XXe siècle, les processus d’émancipation des peuples colonisés posent en effet avec force la question sociale et politique de l’enfance et de la jeunesse en contexte colonial et postcolonial, dans les pays devenus indépendants comme chez les anciens colonisateurs. L’intérêt de cet ouvrage est de mettre en avant les biopolitiques spécifiques aux enfants et aux jeunes qui ont émergé dans un ensemble complexe de questions politiques et diplomatiques, économiques et sociales, démographiques et populationnistes, philosophiques et religieuses. À l’instar des Colonial and Postcolonial Studies, il s’agit d’interroger les cultures postcoloniales et les articulations entre décolonisation et colonisation, notamment les prolongements de celle-ci dans celle-là. Pendant la décolonisation des empires français et belge et la construction de nouveaux États, les enfants et les jeunes ont été sujets de politiques voulues ou soutenues par des biopouvoirs et mises en œuvre par des protagonistes divers : armées, associations, humanitaires, colonialistes, nouvelles élites, militants, simples citoyens. Les archives publiques qui reflètent les différentes politiques menées ainsi que les sources écrites et orales d’associations ou d’autres organisations permettent de cerner les rôles d’acteurs non-étatiques. Les paroles, plus ou moins critiques, de celles et de ceux qui sont les premières personnes concernées par cette histoire – c’est-à-dire les enfants et les jeunes eux-mêmes – sont bien entendu également mobilisées.

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Le centre d’accueil des Français d’Indochine de Sainte-Livrade : un lieu de formation pour les jeunes eurasiens (1956-1981) ? (Alice Voisin)

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Le centre d’accueil des Français d’Indochine de Sainte-Livrade : un lieu de formation pour les jeunes eurasiens (1956-1981) ?

Alice VOISINÉcole Normale Supérieure de Lyon

En 1954, la fin de la colonisation française en Indochine contraint les colonisateurs à quitter les territoires nouvellement indépendants. Cependant, des décennies d’occupation ont donné naissance à de nombreux enfants métis de père français et de mère vietnamienne à qui le décret du 8 novembre 1928 a octroyé la nationalité française1. Ce statut leur donne droit au « rapatriement »2 en métropole au moment de la décolonisation.

Une première vague de 4 000 Franco-Indochinois et leurs familles débarque ainsi en France, par bateau, en 1955 et 1956. Arrivant en terre inconnue, ces personnes sont entièrement démunies et les pouvoirs publics n’ont d’autre choix que de leur trouver un lieu d’hébergement provisoire. Des centres d’accueil sont ouverts dans ce but. Cette solution se veut temporaire à l’origine mais certains de ces camps3 perdurent : celui de Noyant dans l’Allier ne ferme qu’en 1966 et celui de Sainte-Livrade en Lot-et-Garonne est géré par l’État jusqu’en 1981 avant que le bâti soit revendu à la commune qui en devient alors gestionnaire. Il est appelé CAFI (Centre d’accueil des Français d’Indochine) : du fait de sa longévité et de l’importante population qui y séjourne, il fait l’objet de cette étude portant plus spécifiquement...

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