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Enjeux postcoloniaux de l’enfance et de la jeunesse

Espace francophone (1945-1980)

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Edited By Yves Denéchère

Si la jeunesse a joué un rôle important dans la construction des empires coloniaux, elle est également un enjeu essentiel des décolonisations et de leurs suites. Au second XXe siècle, les processus d’émancipation des peuples colonisés posent en effet avec force la question sociale et politique de l’enfance et de la jeunesse en contexte colonial et postcolonial, dans les pays devenus indépendants comme chez les anciens colonisateurs. L’intérêt de cet ouvrage est de mettre en avant les biopolitiques spécifiques aux enfants et aux jeunes qui ont émergé dans un ensemble complexe de questions politiques et diplomatiques, économiques et sociales, démographiques et populationnistes, philosophiques et religieuses. À l’instar des Colonial and Postcolonial Studies, il s’agit d’interroger les cultures postcoloniales et les articulations entre décolonisation et colonisation, notamment les prolongements de celle-ci dans celle-là. Pendant la décolonisation des empires français et belge et la construction de nouveaux États, les enfants et les jeunes ont été sujets de politiques voulues ou soutenues par des biopouvoirs et mises en œuvre par des protagonistes divers : armées, associations, humanitaires, colonialistes, nouvelles élites, militants, simples citoyens. Les archives publiques qui reflètent les différentes politiques menées ainsi que les sources écrites et orales d’associations ou d’autres organisations permettent de cerner les rôles d’acteurs non-étatiques. Les paroles, plus ou moins critiques, de celles et de ceux qui sont les premières personnes concernées par cette histoire – c’est-à-dire les enfants et les jeunes eux-mêmes – sont bien entendu également mobilisées.

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L’engagement anticolonialiste de la jeunesse antillaise des années 1950 aux années 1970, une affirmation identitaire (Karine Sitcharn)

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L’engagement anticolonialiste de la jeunesse antillaise des années 1950 aux années 1970, une affirmation identitaire

Karine SITCHARNÉcole Normale Supérieure, Paris

Décrypter l’engagement de la jeunesse estudiantine antillaise en faveur de la décolonisation des Antilles des années 1950 aux années 1970, pourrait paraître incongru partant du principe que les départements d’outre-mer sont des départements français. Depuis 1946 et le vote de la loi de départementalisation, ils disposent en effet, légalement, de l’égalité des droits avec la « métropole ». Cependant, en analysant l’acception du terme « métropole » passé dans le langage courant pour désigner l’hexagone par rapport aux départements français d’outre-mer, nous mettons l’accent sur une incongruité du vocabulaire qui n’est pas dénuée de signification symbolique. En l’occurrence, qu’est-ce qu’une métropole ? « Une grande ville », comme le dirait un géographe, mais pour l’historien ou le politologue, « le centre pour un territoire colonisé ». Cette confusion de langage montre donc bien qu’une zone d’ombre subsiste sur le statut des Antilles. L’expression « colonisation sans nom » que nous empruntons à l’historien Laurent Jalabert1 introduit de facto que la loi de départementalisation est un avatar de la colonisation. Entre 1950 et le milieu des années 1970, de nombreux Antillais se rendent compte que cette égalité rêvée avec la métropole n’est pas encore une réalité. Ainsi, Aimé Césaire, fervent partisan de la d...

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