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Développer les industries culturelles

Leçons du palimpseste de la pratique

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Christiaan De Beukelaer

Le discours de l’économie créative est devenu de plus en plus mondial. Pratiquement tous les pays du monde utilisent le concept (ou l’une de ses variantes) dans le débat politique, l’intervention publique, les recommandations et la pratique. L’objectif de cet ouvrage est de rendre compte de l’adoption de ce discours dans le contexte du Burkina Faso et du Ghana. Dans ces pays, l’utilisation du « discours de l’économie créative » est assez récente et reste en contradiction avec les réalités vécues par de nombreuses parties prenantes du secteur culturel. À travers un engagement empiriquement fondé au sein de ce débat, ce livre montre comment le recours à la catégorie des « industries culturelles et créatives » dans les politiques publiques reconfigure les limites des politiques culturelles.

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4. L’impératif moral de l’optimisme prudent

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4.   L’impératif moral de l’optimisme prudent

La conception généralisée du discours sur l’économie créative a inspiré des initiatives pratiques au Burkina Faso et au Ghana. Le chapitre qui suit en présente certaines à la lumière des objectifs de développement humain et de l’avancée des capabilités. Elles incitent à l’optimisme car elles témoignent d’un travail sur les industries culturelles qui s’attaque à des problèmes urgents. Mais l’optimisme ne doit pas empêcher les observations critiques.

L’optimisme envers le développement des industries culturelles s’inscrit dans un climat plus général d’optimisme à propos du continent africain dans son ensemble. Jusqu’il y a peu en effet, les réflexions et les textes sur la situation en Afrique et les possibilités de l’Afrique étaient pour la plupart teintés d’afro-pessimisme. Cette tendance à aborder les événements africains comme politiquement et historiquement inévitables a longtemps pesé sur la vision et la présentation du passé, du présent et du futur (Nothias, 2014). Mais, depuis une dizaine d’années, cette vision pessimiste du continent a été progressivement supplantée par un discours bien plus optimiste, même s’il repose sur des tropes identiques qui « essentialisent, racialisent, classent, décrivent sélectivement et prédisent » le destin de l’Afrique ‒ mais connotés cette fois positivement (Nothias, 2014, 335). Cette vision élogieuse s’explique en grande partie par la croissance significative du PIB dans certains pays d’Afrique...

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