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L’extrait et la fabrique de la littérature scolaire

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Edited By Anissa Belhadjin and Laetitia Perret

Pour Barthes, « La littérature, c’est ce qui s’enseigne, un point c’est tout » : le lien entre l’école et la fabrication du littéraire semble indissociable. C’est pour tenter de comprendre comment la littérature s’est constituée comme objet scolaire que le réseau Helice (Histoire de l’Enseignement de la Littérature, Comparaison Européenne), composé d’une vingtaine de chercheurs de pays européens ou du Québec, a été créé en 2010.

Les travaux du groupe s’organisent à partir de plusieurs approches (didactique, historique et comparatiste) dont l’intérêt est de dé-naturaliser la relation qui existe entre la littérature et l’école et d’interroger l’enseignement d’une discipline qui semble souvent aller de soi.

Après la fable et la lettre, le groupe Helice s’attache maintenant à étudier l’extrait appréhendé comme un objet susceptible de rendre compte des processus de scolarisation de la littérature.

Dans cet ouvrage, les chercheurs d’Helice ont étudié la façon dont l’œuvre littéraire est scolarisée sous la forme particulière de l’extrait, qui en retour fabrique la littérature de l’école. Le premier chapitre étudie l’émergence de l’extrait au fil du temps et son usage, indissociable de sa relation avec l’œuvre dont il provient. Le deuxième chapitre envisage de manière comparatiste les usages de l’extrait dans la formation du lecteur et du scripteur, dans différents pays et segments scolaires, à différents moments, voire dans différents contextes disciplinaires. Le troisième chapitre analyse comment les œuvres de plusieurs grands auteurs patrimoniaux sont lues à l’école.

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Anissa Belhadjin, Marie-France Bishop, Laetitia Perret: Introduction

Introduction

Extract

Anissa Belhadjin, Marie-France Bishop,Université de Cergy-Pontoise (France)Laetitia Perret,Université de Poitiers (France)

L’enseignement de la littérature constitue un objet d’interrogation et de recherche inépuisable pour les didacticiens tant la nécessité de déterminer ce qui s’enseigne, d’en comprendre le pourquoi et le comment demeure un problème d’actualité. Dans les programmes successifs, aux différents niveaux de la scolarité et dans les espaces nationaux, cette question trouve une pluralité de réponses et de mises en œuvre. Mais, parfois, le lien entre la littérature et son enseignement semble si consubstantiel que la question disparait dans la transparence de cette corrélation. Ainsi Barthes déclarait-il au colloque de Cerisy de 1969 : « L’enseignement de la littérature est pour moi presque une tautologie. La littérature c’est ce qui s’enseigne, un point c’est tout » (1971/2002 : 945). Cette affirmation, souvent reprise, a comme effet second de naturaliser le processus de scolarisation de la littérature. Au-delà de l’évidence d’une relation tautologique, il semble nécessaire de s’interroger sur la manière dont se constitue cette littérature scolaire. Comme l’ont montré de nombreux travaux (en bibliographie de cet ouvrage), l’école peut être considérée comme l’une des instances de fabrication du littéraire, l’un des lieux où s’instituent les corpus, où les œuvres se patrimonialisent. C’est pour tenter de comprendre comment la littérature s’est constituée comme objet scolaire, voire disciplinaire, qu’a été créé en 2010, à Genève, le r...

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