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L’extrait et la fabrique de la littérature scolaire

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Edited By Anissa Belhadjin and Laetitia Perret

Pour Barthes, « La littérature, c’est ce qui s’enseigne, un point c’est tout » : le lien entre l’école et la fabrication du littéraire semble indissociable. C’est pour tenter de comprendre comment la littérature s’est constituée comme objet scolaire que le réseau Helice (Histoire de l’Enseignement de la Littérature, Comparaison Européenne), composé d’une vingtaine de chercheurs de pays européens ou du Québec, a été créé en 2010.

Les travaux du groupe s’organisent à partir de plusieurs approches (didactique, historique et comparatiste) dont l’intérêt est de dé-naturaliser la relation qui existe entre la littérature et l’école et d’interroger l’enseignement d’une discipline qui semble souvent aller de soi.

Après la fable et la lettre, le groupe Helice s’attache maintenant à étudier l’extrait appréhendé comme un objet susceptible de rendre compte des processus de scolarisation de la littérature.

Dans cet ouvrage, les chercheurs d’Helice ont étudié la façon dont l’œuvre littéraire est scolarisée sous la forme particulière de l’extrait, qui en retour fabrique la littérature de l’école. Le premier chapitre étudie l’émergence de l’extrait au fil du temps et son usage, indissociable de sa relation avec l’œuvre dont il provient. Le deuxième chapitre envisage de manière comparatiste les usages de l’extrait dans la formation du lecteur et du scripteur, dans différents pays et segments scolaires, à différents moments, voire dans différents contextes disciplinaires. Le troisième chapitre analyse comment les œuvres de plusieurs grands auteurs patrimoniaux sont lues à l’école.

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Sylviane Ahr, Beata Klebeko: Deux modèles de la poésie romantique dans les manuels français et polonais des années 1980 à nos jours : quels usages de l’extrait pour quels enjeux ?

Deux modèles de la poésie romantique dans les

manuels français et polonais des années 1980 à

nos jours : quels usages de l’extrait pour quels enjeux ?

Extract

Sylviane Ahr,Université de Toulouse 2 (France)Beata Klebeko,Université de Szczecin (Pologne)

Selon Emmanuel Fraisse, « sans la forme anthologique, la poésie serait condamnée à la quasi-clandestinité éditoriale, sauf en ce qui concerne l’édition scolaire et universitaire » (1997 : 117–118). En effet, rares sont ceux qui lisent aujourd’hui de la poésie et c’est bien l’école qui assure la transmission du patrimoine poétique auprès des jeunes générations. Par ailleurs, comme le (dé)montre Fraisse, les anthologies, y compris scolaires – c’est-à-dire les manuels – apparaissent comme le « miroir de la nation » : elles tendent à « exprimer la réalité d’une littérature propre au groupe dont elles émanent et contribue[nt] à le constituer en tant que tel » d’une part, à « renforcer ce groupe en lui donnant des repères et un patrimoine communs » (ibid. : 131–132) d’autre part. Dans une période où l’Union européenne s’efforce de promouvoir tout à la fois une culture européenne commune et un dialogue interculturel entre les peuples des différents pays membres1, il semble donc intéressant d’étudier la manière dont les manuels français et polonais traitent le Romantisme2, selon une perspective comparatiste. Trois facteurs justifient ce choix : « le ←181 | 182→romantisme est un mouvement artistique européen », il « désigne un mouvement littéraire novateur » (Maggetti, 2002 : 692) et il occupe une place importante dans les programmes français et polonais.

Ainsi, si l’on considère que les extraits de manuels constituent...

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