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À l'épreuve d'enseigner à l'Université

Enquête en France - Préface de Marc Romainville

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Edited By Saeed Paivandi and Nathalie Younès

L’ouvrage s’intéresse à la réalité plurielle de l’homo academicus, en partant des vécus et des conceptions des professeur.e.s d'université. L’enquête menée en France par les deux auteurs, de 2013 à 2017, dans un large éventail de disciplines (lettres, sciences, sciences humaines et sociales, médecine), permet de mieux appréhender les différentes manières d’être enseignant.e-chercheur.e, la condition universitaire, les conceptions de la carrière et les approches de l’enseignement mobilisées dans la pratique pédagogique. Les enseignant.e.s-chercheur.e.s parlent de leur environnement de travail, de leurs relations avec le monde étudiant et des tensions vécues au cours de leur expérience pour articuler l’enseignement, la recherche et les tâches administratives. Se développer professionnellement sur le plan pédagogique et réellement prendre en compte les étudiants dans l’approche de l’enseignement apparaît comme un défi.

Cet ouvrage a pour ambition d’aider à mieux comprendre la condition pédagogique à l’université, devenue une question d’actualité en France comme dans nombre d’autres pays. Les données de l’enquête mises en perspective avec la littérature scientifique internationale peuvent contribuer à la réflexion sur les réformes pédagogiques introduites depuis les années 2000 et les axes les plus pertinents pour améliorer le fonctionnement pédagogique de l’université et accompagner les enseignant.e.s-chercheur.e.s dans leur développement professionnel à travers un changement culturel progressif.

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Chapitre VIII ‒ L’évolution de la carrière enseignante entre pression institutionnelle et trajectoires individuelles

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Peut-on qualifier la carrière universitaire ? Pour certains auteurs, enseignant-chercheur est un métier atypique proche d’un travail d’artiste alors que, pour d’autres, il s’agit d’un « travail » comme un autre pouvant dès lors être évalué et organisé en tant que tel (Musselin, 2003, 2008). Selon Bertrand (1993, p. 138), les chercheurs ont tendance à postuler que le travail professoral est trop complexe pour être présenté sous forme de modèles rationnels. La plupart reconnaissent l’existence de modes différenciés d’organisation du travail professoral, sans toutefois les identifier clairement et qu’il y ait non plus de consensus à leur sujet. L’auteur se réfère aux recherches sur le travail professoral et ses multiples tâches, au Canada et aux États-Unis, pour montrer la diversité importante des analyses et appréciations. Il propose le concept de niveaux d’action dans le monde universitaire pour construire un cadre d’analyse mieux « adapté » tout en critiquant la conception dominante fondée sur l’infaisabilité de cette évaluation (1993, p. 142). L’auteur veut passer du double modèle plutôt univoque d’organisation du travail fondé sur la priorité de la recherche ou sur l’indissociabilité de l’enseignement et de la recherche, à une vision encore mal définie, mais distinguant de plus en plus les tâches et les activités, reconnaissant d’autres tâches à côté de celles d’enseignement et de recherche pour dégager des configurations différentes de travail selon les types d’institutions, les secteurs disciplinaires, les étapes de la carrière mais...

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