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L'éthique dans la finance

Les banques genevoises à l'épreuve des faits

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Didier Caveng

L'éthique des affaires est mise en œuvre par un ensemble des règles, codes ou principes qui orientent les décisions des entreprises vers plus de morale et de transparence. La question de l’éthique des affaires dans le secteur bancaire est d'autant plus pertinente que la crise qui frappe les économies nationales et l'économie mondiale est largement attribuée à l'irresponsabilité de la sphère financière.

L'auteur, par une enquête minutieuse au sein des milieux financiers, cherche à repérer les types d’éthique (pour autant que l’éthique existe explicitement au sein des banques) qui s'appliquent dans les organisations, les formes qu'elle prend, les initiateurs des mesures qui s'y associent, ainsi que les manières dont l'éthique est pensée d’une part et gérée d’autre part.

L’objectif de l’ouvrage est d’éclairer, voire de comprendre, l’attitude et le comportement des banques vis-à-vis de l’éthique : entre dynamisme et pragmatisme, en passant par l’opportunisme, entre formalisation institutionnelle et adaptation à la complexité des situations, entre responsabilité attribuée et responsabilité distribuée.

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Chapitre 3 L’éthique et l’évolution de la responsabilité sociale dans les banques

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Dans ce chapitre, nous nous attachons à développer la notion de l’éthique de responsabilité (la personne agit au mieux de ses compétences) en opposition à l’éthique de la conviction (Max Weber).

Section 1  La notion de l’éthique de responsabilité

À l’opposition classique entre l’éthique des vertus (Aristote) et l’éthique du devoir (Kant) s’ajoute une seconde opposition, en référence à Max Weber36, celle entre l’éthique de la conviction et l’éthique de la responsabilité. Considéré comme un des fondateurs de la sociologie (branche des sciences humaines qui cherche à comprendre et à expliquer l’impact de la dimension sociale sur les représentations ‒ façons de penser ‒ et les comportements ‒ façons d’agir ‒ humains), Weber oppose l’attitude de celui qui agit selon les maximes de l’éthique de conviction, selon lequel « le chrétien fait son devoir et en ce qui concerne le résultat de l’action, il s’en remet à Dieu », et l’attitude de celui qui agit selon l’éthique de responsabilité qui dit : « Nous devons répondre des conséquences prévisibles de nos actes. »

Nous allons nous attacher ici à développer la notion d’éthique de responsabilité. À cet égard, en matière de responsabilité, deux situations doivent être distinguées : celle de la responsabilité assumée au moment ← 67 | 68 → de l’action (l’agir responsable) et celle attribuée après les événements (la responsabilité ex post). Dans le cas de l’« agir responsable », l’acteur endosse la...

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