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Libéralisme et protectionnisme

Economie politique des relations internationales

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Edited By André Tiran and Dimitri Uzunidis

Le débat « libéralisme / protectionnisme » retrouve aujourd’hui tout son intérêt dans plusieurs domaines, tels la politique commerciale, le droit de la concurrence, les aides étatiques, la protection des travailleurs ou encore la politique de l’immigration. Le libéralisme associé au libre-échange, qui paraissait être une politique incontestable, soutenue par la plupart des économistes, s’est retrouvé la cible de nombreuses critiques. Le protectionnisme, de son côté, couplé à une politique mercantiliste, est apparu dans un certain nombre de pays comme une stratégie efficace pour assurer le développement économique. La compétitivité des grandes économies a semblé dépendre de l’ouverture sélective au commerce et aux investissements internationaux : c’est le cas des États-Unis, de la Chine, mais également d’autres pays d’Asie, et parfois même de l’Europe. Les auteurs de cet ouvrage remettent en cause la vision univoque et simpliste du protectionnisme et des politiques mercantilistes. La discussion est particulièrement focalisée sur la validité universelle du libre-échange et des origines historiques du protectionnisme ainsi que sur les théories économiques et des politiques étatiques menées du XVIe au XXIe siècle. Ils s’intéressent aussi bien à l’économie qu’à la logique de puissance et de renforcement de l’État.

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Chapitre 3. Protectionnisme et laisser-faire : l’économie politique en question (Vitantonio Gioia)

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Chapitre 3

Protectionnisme et laisser-faire : l’économie politique en question

Vitantonio Gioia

Souvent, en sciences économiques (et plus généralement en sciences sociales), des débats animés se développent sur des questions qui seulement en apparence sont définies dans leurs caractéristiques et dans leurs lignes épistémologiques spécifiques, dans le but de parvenir à des solutions partagées (même s’il n’y a que des solutions temporaires, selon les procédures et les méthodes des pratiques scientifiques). Ce n’est pas par hasard si, à l’issue de ces longues discussions, les distances théoriques entre les concurrents restent inchangées ou sont même accentuées. Pensez au Methodenstreit, l’un des exemples les plus extraordinaires de débats scientifiques marqués par des oppositions idéologiques profondes et étendues (Häuser, 1989 ; Gioia, 1991 ; Labrousse, 2009). Les réflexions sur le mercantilisme et sur les relations entre le laisser-faire et le protectionnisme (terme elliptique, qui fait allusion à un possible rôle économique pour l’État, mais qui dans ces débats est utilisé de manière extensive et avec des accents menaçants par les opposants à l’existence de tout ce qui peut s’éloigner ou se différencier, d’une manière ou d’une autre, du laisser-faire) entrent dans cette catégorie de débats longs, récurrents et sans résultat.

Cependant, il y a une différence significative entre le Methodenstreit et les débats sur le...

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