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Cinéphilies et sériephilies 2.0

Les nouvelles formes d’attachement aux images

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Edited By Mélanie Boissonneau and Laurent Jullier

Enfin ! Depuis l’avènement d’Internet, les 99,9% d’amoureux des films et des séries qui n’exercent pas la profession de critique peuvent se faire entendre... Mieux, ils peuvent passer sans effort de la position devant à la position depuis : s’asseoir devant un écran et s’exprimer depuis un écran sont en effet devenus deux attitudes communes. Les films et les séries arrivent sur les terminaux domestiques ; tout de suite après et quelquefois même pendant leur diffusion, les avis et les analyses partent en sens inverse. Une autre nouveauté consiste en la diversification de la parole critique, confinée jusqu’ici à l’écrit ou aux conversations éphémères. Internet et la démocratisation des machines qui accompagne son essor ajoutent aux mots toutes sortes d’images, de sons et de manipulations audiovisuelles, laissant là encore loin derrière le modèle séculaire du critique professionnel écrivant son papier.

Comment étudier ces bouleversements ? Comment réagir devant l’abondance des critiques postées, la variété de leurs formes d’expression, l’interactivité qu’elles engendrent, sans parler du rapport à la professionnalisation qu’entretiennent leurs auteurs, surtout quand ils atteignent le statut de « vlogueur » vedette ? Une seule manière possible : l’interdisciplinarité. Le présent ouvrage réunit donc les contributions de spécialistes en provenance de champs divers (sociologie, Gender et Cultural Studies, Sciences de l’information-communication, etc.), sans oublier les acteurs les plus en vue de cette révolution de la parole critique, les « vlogueurs ».

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Mélanie Boissonneau et Laurent Jullier: Des deux côtés de l’écran. Introduction à Cinéphilies et sériephilies 2.0

Des deux côtés de l’écran. Introduction à Cinéphilies et sériephilies 2.0

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Mélanie BoissonneauUniversité Paris III Sorbonne-Nouvelle

Laurent JullierUniversité de Lorraine

Quoi de neuf dans l’attachement aux images animées, depuis que l’usage d’Internet s’est banalisé ? D’abord, aux yeux de quiconque en doutait encore, l’esthétique du désintéressement chère à Kant est apparue comme une pratique minoritaire. C’est plutôt Baumgarten qui, au moins quantitativement, emporte la mise, avec l’appel permanent des forums et des blogs de critique aux plaisirs sensoriels. L’aisthèsis triomphe dans ce qu’on pourrait appeler l’i-sthèsis. Mais pas seulement. La bien-nommée « toile » permet, on le sait, la mise en relation d’aficionados physiquement dispersés aux quatre coins du monde géographique – et quelquefois aussi aux quatre coins du monde social ou genré. Mais elle facilite aussi et surtout l’établissement de constellations qui inscrivent la série ou le film ou aimé (ou détesté) dans une filiation artistique d’œuvres de toutes sortes. Cinéphilies et sériephilies connectées remettent donc à l’honneur, après Baumgarten, Aby Warburg. Trouver les correspondances entre les œuvres par-delà les genres et les époques, dont Internet facilite l’établissement en nous donnant la possibilité d’aller les chercher très loin de nos bases géographiques et culturelles, est passé de geste érudit réservé à une élite à geste courant. Tout un chacun peut désormais balayer l’histoire du cinéma et de la télévision comme Warburg balayait jadis l’histoire des arts quand il travaillait à son projet Mnémosyne1.

Et...

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