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L'école maternelle de la performance enfantine

Préface d’Éric Plaisance

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Ghislain Leroy

Préface d’Éric Plaisance

Que cherche-t-on à faire des enfants dans l’école maternelle d’aujourd’hui ? Quelles sont les caractéristiques actuelles de cette instance de socialisation ? En posant ces questions, Ghislain Leroy fait le choix original de reprendre le questionnement des sociologues pionniers de l’école maternelle (Dannepond, Plaisance, Chamboredon et Prévot) pour l’appliquer à l’époque contemporaine.

Après avoir visé les connaissances, l’effort et l’application (années 1950), puis l’expressivité enfantine (années 1960-1970), l’école maternelle serait aujourd’hui régie par une recherche de performance. Les nouvelles politiques publiques (new public management) ont entraîné un profond remaniement des programmes et de la professionnalité des professeur(e)s des écoles. Ces nouvelles exigences de rentabilité scolaire ont modifié les pratiques et choix pédagogiques ordinaires. Elles ont donné naissance à de nouvelles exigences disciplinaires, cognitives, émotionnelles et de maîtrise corporelle. Elles sont autant de déclinaisons d’un nouvel idéal : l’enfant performant car hautement autonome et responsable de lui-même.

Articulant les sociologies de l’enfance et des enfants à la sociologie des inégalités socio-scolaires, l’auteur montre aussi combien ces nouvelles attentes s’avèrent défavorables aux enfants de milieu populaire. Elles présupposent des comportements qu’ils n’ont pas appris dans leur milieu d’origine. Ils sont les outsiders de cette temporalité de l’urgence. L’étude se clôt par une analyse du succès récent de la pédagogie Montessori en maternelle, qui ne paraît pas remettre en cause ces définitions de l’enfance actuellement dominantes, bien au contraire.

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Introduction générale

Introduction générale

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Volontiers associée au « jeu », ou encore la « joie » enfantine, l’école maternelle semble souvent considérée par leurs acteurs sociaux comme une institution qui, au fond, ne changerait guère au fil du temps et des époques. La raison d’être de cette vision des choses ne résiderait-elle pas dans son caractère rassurant ? Pour le sociologue, une telle immutabilité relève évidemment du leurre. Si des permanences peuvent exister, les institutions sociales évoluent, comme du reste l’ensemble du monde social dont elles ne peuvent pas être distinguées (Tournay, 2011). Des changements se mettent en œuvre, au niveau des finalités qu’on leur prescrit, des pratiques qui s’y déroulent, des professionnels qui y exercent, etc. Nous cherchons dans cet ouvrage à cerner la spécificité de l’école maternelle contemporaine. Pour cela, une entrée féconde nous semble être celle des représentations de l’enfant qui y prévalent.

La recherche sociologique sur l’école maternelle est apparue il y a presque cinquante ans avec Chamboredon et Prévot (1973), Éric Plaisance (1977 ; 1986), et Geneviève Dannepond (1979). Ces auteurs ont construit des analyses ayant d’indiscutables parentés. Chamboredon et Prévot parlent des « définitions sociales » de l’enfant et Plaisance, de « modèles éducatifs ». Dannepond interroge quant à elle les conceptions de l’enfant et de l’élève au cœur des pédagogies actives qui se diffusent alors. Au-delà de la différence entre leurs constructions théoriques, ces sociologues ont...

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