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Reconnaissance et éducation identitaire

Compétences identitaires et gouvernance scolaire

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Nicolas Cuneen

À partir d'une étude critique des théories contemporaines de la reconnaissance, cet ouvrage pose la question suivante : que peut faire l'école pour aider les élèves à devenir responsables du rapport qu’ils entretiennent avec eux-mêmes ?

La réponse vient en deux temps. Si l’élaboration du concept de compétences identitaires offre un abord inédit de la dimension pédagogique liée au développement d’un rapport positif durable à soi, le registre des compétences ne permet pas de décrire adéquatement la composante attentionnelle du travail identitaire. Ainsi, dans un deuxième mouvement, l’enquête se redirige vers l’étude des conditions institutionnelles à même de soutenir une forme d’attention collective propice au développement continu de tous.

La thèse défendue est qu’un « tournant identitaire » de l’éducation doit commencer par se soucier du bien-être des enseignants en réinvestissant dans leur statut professionnel, rétablissant tant leur autonomie attentionnelle que leur autorité légitime, afin de protéger leur propre désir d’apprendre.

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Chapitre 4 Les présupposés des compétences identitaires dans les théories de la reconnaissance

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L’analyse des tentatives variées de politiser la reconnaissance révèle le champ d’activités et de processus sociaux où le rapport à soi joue un rôle primordial. Nous avons vu, en premier lieu, comment l’identité peut motiver à l’action politique en vue d’altérer les conditions institutionnelles qui ont porté atteinte à la dignité des groupes sociaux. Ensuite, les institutions sociales ont été réinterrogées pour cerner le minimum nécessaire, dans chaque sphère de la vie morale, pour soutenir l’apprentissage continu à l’autonomie. Enfin, nous avons étudié comment la promotion d’un vocabulaire moral et judiciaire plus sensible aux enjeux identitaires peut tenter d’infléchir des pratiques institutionnelles de manière à mieux protéger le rapport à soi de ceux que celles-ci touchent.

Pour dégager le point aveugle qui revient dans ces approches politiques, nous déconstruirons quatre moments théoriques où sont présupposées, d’une manière ou d’une autre, des compétences identitaires. Le premier moment correspond à la première hypothèse politique, celle qui voit un moteur privilégié d’apprentissage social dans les mouvements politiques. En effet, les compétences nécessaires pour créer et pour transformer des identités collectives, ainsi que pour nouer un lien entre l’identité personnelle et celle du mouvement, ne sont pas thématisées dans les théories qui nous occupent. Ensuite, nous passerons au mécanisme psychologique au centre de l’anthropologie de la reconnaissance, celui de l’adoption des perspectives, afin d’interroger à la fois le r...

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