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L’enfant et la métaphore

Percée socio-culturelle dans les contours normatifs du cognitivisme

Frédéric Cerchia

Symbole de la pensée créatrice pour quelques-uns, sauvageonne illusionniste pour de nombreux autres, la métaphore a plutôt mauvaise presse dans l’histoire de la pensée occidentale qui s’en méfie autant qu’elle redoute la force déstructurante de l’imagination. Le langage quotidien est pourtant truffé de métaphores que l’usage ne laisse plus guère apparaître comme telles mais qui structurent notre expérience du monde.

Cet ouvrage a pour but d’étudier le développement de la compréhension de métaphores chez des enfants âgés de 4 à 10 ans. Après avoir mis à l’épreuve un modèle cognitiviste de compréhension, l’auteur adopte une perspective critique relevant de la psychologie socio-culturelle sur les mêmes conduites des enfants. Ce changement radical de posture permet de décrire comment les enfants mobilisent, à certaines fins communicationnelles, divers artefacts culturels – des personnages de dessins animés ou de BD, des normes sociales ou des expériences personnelles – issus de leur environnement social. Ils démontrent ainsi disposer de compétences socio-cognitives précoces, trop souvent occultées ou considérées pêle-mêle comme « élémentaires » dans les approches plus classiques.

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6.4.5 Cinquième type d’enchaînement : relever l’aspect figuré des expressions métaphoriques

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6.4.4.2 Les expressions de la ressemblance

De la même manière, d’autres termes servent à expliciter la ressemblance comme le verbe ressembler qui traduit l’idée qu’une similitude relie le terme comparant et le terme comparé. Ou encore, les formules on dirait ou ça a l’air qui reviennent fréquemment et expriment une similarité d’apparences.

Ces termes et ces formules de comparaison sont parfois précédés ou suivis d’un complément à la différence de l’exemple d’Alexandra (TP2). Certains enfants exposent alors avec clarté la raison de la ressemblance (l’enfermement à l’item 1, le poids à l’item 2, la grandeur à l’item 3 et la vitesse à l’item 4). Dans d’autres cas, la raison de la ressemblance est également pertinente, mais n’est pas très bien définie et exige un travail d’inférence de la part de l’interlocuteur. Par exemple, à l’item 1, certains enfants relèvent que la prison et l’enclos se ressemblent parce qu’ils sont tous deux pourvus de barrières, mais l’idée d’enfermement doit être inférée à partir de l’évocation de cette propriété matérielle commune.

D’autres formules de comparaison intègrent directement la raison de la ressemblance, en d’autres termes le concept qui relie les deux mondes. Par exemple, la formule même (vitesse ou poids) que ou aussi (vite ou lourd) que, comme chez Sébastien (TP2).

6.4.4.3 La formule « comme si »

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