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Figures de l’infini

Du panthéisme de Schelling à Mallarmé

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Morgan Gaulin

Héritier d’une longue tradition pour laquelle la nature est un être vivant en devenir (natura naturans), Stéphane Mallarmé est l’auteur d’une physiologie des lettres qui le mène à concevoir la littérature comme un organisme. Nous inscrivons le poète dans une histoire des idées qui remonte par-delà Poe et Baudelaire à Mme de Staël et au philosophe de la nature Friedrich Schelling, qui voyait dans le concept d’organisme un infini immanent au fini, un infini actuel. S’exprime, dès lors, de Schelling à Mallarmé, un panthéisme organique qui prend tour-à-tour la forme d’un panthéisme de la nature puis d’un panthéisme littéraire qui s’affranchit de la substance fixe du spinozisme. La première partie de cet ouvrage examine les fondements philosophiques et théologiques de ce panthéisme ainsi que son transfert en France chez des auteurs tels que Cousin, Renan, Vacherot, Séailles et Littré. La seconde partie présente cet organicisme en tant qu’il est, chez Mallarmé, le produit d’une doctrine du mot comme dépositaire de la vie (Les Mots anglais).

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Chapitre I – Le panthéisme, doctrine du fini et de l’infini

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Chapitre I Le panthéisme, doctrine du fini et de l’infini

Explorations théologico-philosophiques : de l’athéisme à l’acosmisme

Le phénoménologue Eugen Fink a distingué deux types de concepts, les thématiques ainsi que les opératoires1. Le panthéisme peut être rangé du côté des seconds en ce qu’il est très souvent présent et même essentiel dans la construction de l’édifice philosophique sans pour autant que le philosophe en produise une démonstration soutenue et détaillée. Il en va ainsi du panthéisme de Schelling dans la période de la philosophie de la nature puisque ce dernier attendra l’occasion des Recherches philosophiques sur la liberté humaine de 1809 pour s’en expliquer de manière convaincante.

A l’époque où Schelling met sur pied sa Naturphilosophie et qu’il affirme vouloir en faire le spinozisme de la physique, le système de Spinoza est généralement compris comme un panthéisme2. Même Émile Edmond Saisset lorsqu’il traduit Spinoza pour la France en 1842 a comme préoccupation première la question du panthéisme3. Dès son édition des Œuvres de Spinoza, dans son Introduction, Saisset pose le problème de manière exemplaire : ← 33 | 34 →

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