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Des organisations «dynamiques» de l’oral

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Edited By Elisabeth Richard

Longtemps déconsidérée ou traitée seulement par la négative, c’est la langue orale et sa désorganisation apparente, si souvent dénoncée, qui motivent le présent ouvrage. Comment appréhender ce flux de paroles continu ? A défaut de le maîtriser, comment en rendre compte, pour au moins l’observer, le (re-)connaître, en comprendre la dynamique, voire le modéliser ?
La problématique centrale de cet ouvrage est celle de l’organisation des productions orales. Les études rassemblées ici visent à la recherche d’unités stables, d’invariants prosodiques et/ou syntaxiques, d’unités de sens au-delà des variations contextuelles. Elles mettent au jour des modèles d’organisation propres à la langue orale selon deux fils directeurs : 1. Une organisation en temps réel ; 2. Une organisation discursive.
Cet ouvrage fait le point sur les apports des analyses les plus récentes aux divers champs de la linguistique de l’oral et démêle le faisceau des traits caractéristiques de l’organisation dynamique de la langue orale.

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Voilà c’est ça, voilà c’est tout, et puis voilà. Interprétation syntaxique et sémantique des emplois en conversation de voilà (Juliette Delahaie)

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Voilà c’est ça, voilà c’est tout, et puis voilà

Interprétation syntaxique et sémantique des emplois en conversation de voilà

JULIETTE DELAHAIE

Université de Lille, UMR 8163, STL

« Oui, c’est ça voilà », « oui enfin voilà quoi », « on a bien joué, on a gagné et voilà ». Voilà est un mot si fréquent en français parlé qu’un humoriste sur France Culture, François Rollin, spécialisé dans l’épinglage de nos tics de langage, en a même fait le sujet de son émission « l’œil du larynx » (01/20/2010). Il y fustige ce petit mot qui s’immisce partout, ce bouche-trou avec « ses airs entendus » et « sa prétention à l’évidence ». Et pourtant c’est plutôt pour ses emplois conclusifs que voilà est connu des linguistes (voir par exemple Auchlin 1981, Roulet et al. 1987 ou Traverso 2006), même si certains comme Porhiel (2010) ou Rabatel (2001) soulignent sa valeur de consensus. Notre hypothèse tendra à réconcilier les deux interprétations en proposant un niveau d’analyse plus profond : nous nous placerons dans le cadre d’une sémantique de propriétés pour montrer qu’au-delà des emplois de conclusion ou de consensus, voilà possède un fonctionnement sémantico-pragmatique propre et invariant : il permet de présenter l’énoncé qu’il introduit comme déjà connu du ou des locuteurs.

On passera d’abord en revue les emplois différents de voilà, à la fois ceux répertoriés...

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