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Retour à l’objet, fin du musée disciplinaire ?

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Edited By Diane Antille

La fin du musée disciplinaire est-elle possible ? Au vu du retour à l’objet qui s’observe dans les discours scientifiques et muséographiques, cette question paraît devoir à nouveau être posée. Des muséologues, des professionnels des musées, et des chercheurs actifs en Suisse, en France et au Canada, mettent en évidence les différents regards portés sur les objets de musée. Ils discutent comment les disciplines, mais aussi l’histoire des collections et la culture dans laquelle elle s’inscrit, modulent ou non le potentiel pluridisciplinaire des objets. Leurs contributions proposent ainsi diverses façons de penser le retour à l’objet. Musée sans discipline, musée pluridisciplinaire, ou exposition conviant diverses disciplines autour d’une même matérialité sont envisagés.

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La part manquante du musée d’ethnographie (Octave Debary)

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Octave Debary

La part manquante du musée d’ethnographie

Le sujet qui réunit les auteurs de cet ouvrage m’est cher : « retour à l’objet, fin du musée disciplinaire ?  » Pour ne fâcher personne, il a été mis un point d’interrogation à la formule mais l’idée reste polémique : si le retour à l’objet signe la fin du musée disciplinaire, cela implique que la science nous éloigne des objets alors qu’elle prétend précisément nous en rapprocher. De ce point de vue, l’anthropologie a l’étrange privilège de pouvoir se prévaloir d’être la plus confuse. De Malinowski à Lévi-Strauss, la discipline a reconnu que son acte de naissance scientifique s’est fait au moment où son objet (les prétendues sociétés primitives) disparaissait. On retrouve ici un écho à la belle formule de Michel de Certeau qui souligne que l’écriture de l’histoire accompagne la disparition de l’objet qu’elle célèbre.1

En ce qui me concerne, c’est en anthropologue que j’essaie depuis un certain nombre d’années de comprendre les logiques muséales. Or, je reste toujours tiraillé par la tension qui anime cette discipline, tiraillé par le fait de haïr ce qui fait son propre fondement. On se souvient de la formule inaugurale de Tristes Tropiques où Claude Lévi-Strauss proclame : « Je hais les voyages ».2 Georges Balandier répliquera : « Je hais les objets ».3 Je ne dirai pas « je hais les musées », mais les mus...

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