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Les enfants de l’«Émile»?

L’effervescence éducative de la France au tournant des XVIIIe et XIXe siècles

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Marguerite Figeac-Monthus

Ce livre, en étudiant plus de 200 plans et traités d’éducation français des XVIII e –XIX e siècles, montre toute l’importance de la pensée de Rousseau qui est utilisée ou rejetée afin de concevoir une société nouvelle et une réforme du système éducatif. Ces transformations ne pouvaient passer que par l’édification d’une éducation commune adaptée aux nouveaux enjeux issus de la Révolution et indispensables pour transformer et moderniser la société. En énonçant un certain nombre de principes et de valeurs, en se positionnant pour une réorganisation éducative, les auteurs de ces projets contribuent à édifier, dès le XVIII e siècle, les premiers fondements de l’école républicaine. Un certain nombre de questions posées, sur l'enfance et la jeunesse, sur l'utilisation des sens, sur la formation des maîtres, sur l'université, sur le rôle de l'Eglise et la place de la laïcité, sont très contemporaines et se trouvent mises en valeur par de très belles citations à découvrir ou redécouvrir.
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Chapitre 6: Maîtres Et Élèves: Un Univers Partagé

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CHAPITRE 6

MAÎTRES ET ÉLÈVES: UN UNIVERS PARTAGÉ

Traitez votre élève selon son âge. Mettez-le d’abord à sa place, et tenez-l’y si bien, qu’il ne tente plus d’en sortir. Alors, avant de savoir ce que c’est que sagesse, il en pratiquera la plus importante leçon. Ne lui commandez jamais rien, quoi que ce soit au monde, absolument rien. Ne lui laissez pas même imaginer que vous prétendiez avoir aucune autorité sur lui. Qu’il sache simplement qu’il est faible et que vous êtes fort; que, par son état et le vôtre, il est nécessairement à vôtre merci; qu’il le sache, qu’il l’apprenne, qu’il le sente; qu’il sente de bonne heure sur sa tête altière le dur joug que la nature impose à l’homme, le pesant joug de la nécessité, sous lequel il faut que tout être fini ploie; qu’il voie cette nécessité dans les choses, jamais dans le caprice des hommes; que le frein qui le retient soit la force, et non l’autorité. (Rousseau, 1762/2009, pp. 124–125)

Avoir une influence sur l’enfant sans exercer réellement son autorité de maître, mais en gardant toujours son ascendant, voilà comment Rousseau conçoit les rapports entre un précepteur et son élève. Cette conception se trouve bien entendu à l’opposé de celle qui était pratiquée au milieu du XVIIIe siècle par les Jésuites. Jean-Baptiste-Louis Crevier, historien et professeur de rhétorique au...

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