Show Less
Restricted access

Les enfants de l’«Émile»?

L’effervescence éducative de la France au tournant des XVIIIe et XIXe siècles

Series:

Marguerite Figeac-Monthus

Ce livre, en étudiant plus de 200 plans et traités d’éducation français des XVIII e –XIX e siècles, montre toute l’importance de la pensée de Rousseau qui est utilisée ou rejetée afin de concevoir une société nouvelle et une réforme du système éducatif. Ces transformations ne pouvaient passer que par l’édification d’une éducation commune adaptée aux nouveaux enjeux issus de la Révolution et indispensables pour transformer et moderniser la société. En énonçant un certain nombre de principes et de valeurs, en se positionnant pour une réorganisation éducative, les auteurs de ces projets contribuent à édifier, dès le XVIII e siècle, les premiers fondements de l’école républicaine. Un certain nombre de questions posées, sur l'enfance et la jeunesse, sur l'utilisation des sens, sur la formation des maîtres, sur l'université, sur le rôle de l'Eglise et la place de la laïcité, sont très contemporaines et se trouvent mises en valeur par de très belles citations à découvrir ou redécouvrir.
Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 9: Le Projet D’Éducation Confronté À La Réalité

Extract

CHAPITRE 9

LE PROJET D’ÉDUCATION CONFRONTÉ À LA RÉALITÉ

Si la fondation des écoles d’apprentissage est impossible, il n’en est pas de même de la fondation des écoles professionnelles. Ces écoles seraient destinées à former des contremaîtres habiles, des chefs d’atelier, des conducteurs de travaux, des agents voyers, des sous-ingénieurs civils, des manufacturiers, des négociants,… (Delattre, 1848, p. 15)

Par cette phrase, Charles Delattre, Directeur du Prytanée de Ménars, montre combien son plan d’éducation est ancré dans le réel. Au milieu du XIXe siècle, avec la Révolution industrielle et les mutations sociales qu’elle implique, l’environnement de travail quotidien des hommes se transforme. Le monde économique n’a plus seulement besoin d’individus capables d’utiliser leurs bras, mais de personnes dont les compétences sont reconnues de tous. Au XVIIIe siècle, le projet du comte de Thélis par exemple, en apprenant aux jeunes orphelins à utiliser leur force soit pour le travail des champs, soit pour les besoins de la guerre, leur donnait un certain nombre de rudiments sans vraiment leur permettre d’acquérir des compétences professionnelles. Avec Charles Delattre, en 1848, dans le contexte de l’avènement de la Seconde République et de la Révolution industrielle, il s’agit de donner à l’homme un métier qui corresponde à la fois à ses capacités et aux besoins de la société. Pour examiner cette adaptation du projet d’éducation à l’environnement économique, nous allons nous...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.