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Pratiques et représentations sociales des langues en contexte scolaire plurilingue

Étude comparée de la Dominique et de Sainte-Lucie

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Stella Cambrone-Lasnes

Dans quelle mesure une étude comparée des pratiques et représentations des langues chez des acteurs scolaires (enseignants, élèves, parents d’élèves et représentants institutionnels) permet-elle d’identifier les facteurs relatifs à l’introduction ou non à l’école de la langue dite nationale – le créole à base lexicale française ? À quel point est-il pertinent de l’introduire dans le système éducatif anglophone de petits États-nations en développement comme la Dominique et Sainte-Lucie – caractérisés par une dynamique sociale et culturelle où conflit et contact de langues (anglais, créoles, chinois, français, espagnol, hindi, garifuna et/ou kokoy) rythment la vie quotidienne des locuteurs ? Comment l’école peut-elle favoriser un meilleur apprentissage du vivre ensemble ? Pour mener à bien cette recherche-action, l’étude s’inscrit dans une approche expérimentale de type hypothético-déductive. Elle propose des pistes de réflexion pour améliorer le partenariat langue officielle / langue nationale dans un contexte scolaire caractérisé par des pratiques bi-plurilingues.
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1. L’étude des comportements langagiers en sociolinguistique : quelle(s) approche(s) heuristique(s) ?

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1.  L’étude des comportements langagiers en sociolinguistique : quelle(s) approche(s) heuristique(s) ?

Le monde entier est une mosaïque de croyances, de langues, de communautés différentes, et la question n’est pas de savoir si on peut les faire vivre ensemble, la question est de savoir comment on va les faire vivre ensemble parce qu’on n’a pas le choix. (Maalouf, 2008 : 1)

Comment les rapports entre les langues en situation multilingue8 sont-ils interprétés ? Nous proposons, dans ce premier chapitre, de présenter les outils conceptuels qui visent à identifier la nature et les conséquences des contacts de langues dans la société, et en particulier à l’école. Nous fournirons un ancrage théorique permettant de décrire l’activité langagière des locuteurs à partir des interactions qu’ils entretiennent les uns avec les autres. Notre démarche de recherche s’inscrit de ce fait dans le champ de la sociolinguistique interactionnelle (Gumperz, 1989) qui consiste à « [accepter] le postulat selon lequel les dimensions sociales sont premières dans la compréhension et l’interprétation des phénomènes cognitifs » (Matthey, 2010 : 33). Dans la dynamique interactionnelle, le locuteur d’un groupe social peut occuper diverses fonctions suivant la situation de communication puisqu’il n’est pas défini selon sa position sur l’échelle sociale mais selon son statut dans l’interaction. À Séverine Rapanoël (2007 : 141) de rappeler qu’« il ne suffit pas de rester à une description de fragments discursifs isolés, il faut aussi les mettre...

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