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Le débat interprétatif dans l’enseignement du français

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Ana Dias-Chiaruttini

Le débat interprétatif est apparu en France au début des années 2000. Il accompagne le renouvèlement de l’enseignement de la littérature à l’école primaire et peut être considéré comme emblématique des changements attendus. Cette étude retrace son émergence. Elle éclaire le contexte favorable au débat dans toutes les disciplines scolaires, l’évolution des approches du concept interprétation, les apports de certains travaux, notamment les théories de la réception, ainsi que les apports des travaux sur les notions de lecture littéraire et sujet lecteur. L’ouvrage montre, par ailleurs, comment les enseignants l’intègrent dans leurs pratiques. Entre résistance, recyclage et renouveau, le format de la leçon de lecture évolue, le schéma de la communication également. Le débat interprétatif absorbe d’autres formes du discours sur les textes littéraires, se transforme et réinvente un enseignement singulier de la littérature à l’école primaire.
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CONCLUSION DE LA DEUXIÈME PARTIE

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L’évolution de la leçon de lecture n’est pas aisée à identifier. Des pratiques anciennes telles que le questionnaire de lecture résistent alors que le DI devait être une alternative et modifier l’enseignement de la lecture. Les pratiques déclarées et effectives montrent que d’autres genres de la métatextualité, qui relèvent de manipulations de textes et d’animations-lecture, se retrouvent configurés et recyclés dans les nouvelles pratiques inspirées par des conceptions singulières du DI. Ainsi l’émergence du genre dans les pratiques enseignantes s’inscrit dans la tradition de la discipline et transforme des genres existants pour concevoir le nouveau. L’adjectif nouveau peut d’ailleurs parfois paraitre abusif, les enseignants n’évoquant pas de façon absolue une rupture entre d’anciennes pratiques et le DI. Celui-ci s’intègre dans une évolution des pratiques répondant à des intuitions, à des questionnements, à des prolongements d’expériences singulières.

Toutefois, la prise en compte déclarée du DI apparait conjointe à une conception de l’enseignement de la littérature qui laisse plus de place aux œuvres intégrales, à la quantité des textes lus en classe et hors classe et aux activités d’écriture. Le format de la communication scolaire évolue lui aussi sensiblement. Les élèves s’expriment davantage et quelques interactions entre eux ont pu être relevées à travers les transcriptions des leçons.

Les pratiques du genre DI sont ainsi plurielles, mouvantes, elles sont autant de traces de la lente...

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