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Récit national et imaginaires identitaires au double prisme du « bilinguisme » et de la « migration »

Une autre lecture des dynamiques de cohabitation dans deux petites communes suisses

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Josianne Veillette

Renversant les perspectives d’analyses habituelles sur le bilinguisme et la migration, souvent dissociées, l’auteure de cet ouvrage propose une lecture des rapports entre groupes germanophones et francophones, en l’articulant avec « l’intégration des étrangers », notamment par la langue, dans deux collectivités. Pour mener à bien son enquête qualitative, elle étudie les modes de cohabitation dans des communes, ni rurales, ni urbaines, mais rurbaines, postulant que leur petite taille engendre des contacts plus fréquents entre les « locaux » mais rendent également les « étrangers » plus visibles, même ceux installés depuis longtemps. Elle compare ces processus dans deux communes « bilingues » du Canton de Fribourg où le rapport minorité / majorité est inversé. Elle tente de voir si ces contacts entre groupes linguistiques majoritaires et minoritaires engendrent des dynamiques relationnelles particulières et si les représentations mutuelles sur l’autre groupe national et sa langue ont un impact – et lequel – sur le rapport non seulement à « l’autre étranger du dedans » mais aussi sur les processus d’insertion sociolangagiers de « l’autre étranger du dehors ». C’est à travers ce double prisme que l’auteure a pu appréhender l’articulation entre récit national et langues, participant à la cohésion sociale et politique, identifier les imaginaires identitaires en circulation, alimentant des tensions entre « autochtones », entre « autochtones » et « étrangers », ces derniers dont les langues sont enfouies, voire absentes, dans ce plurilinguisme officiel.
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Chapitre 11: Représentations de la cohabitation quotidienne entre les différents acteurs sociaux par les germanophones de la Commune G

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Chapitre 11

Représentations de la cohabitation quotidienne entre les différents acteurs sociaux par les germanophones de la Commune G

11.1  Une cohabitation entre des communautés linguistiques sans « problème » et qui « soigne sa minorité »

Pour ces germanophones, ces lieux de cohabitation plurilingues présentent des avantages. Tout d’abord, on estime qu’une commune qui se situe « à la frontière » est favorable au bilinguisme car « ça rend bilingue » [SONJA]. Selon les interlocuteurs en effet, la région a ceci de particulier qu’elle attire beaucoup plus qu’ailleurs des personnes qui sont déjà bilingues – que ce soit des personnes qui parlent les deux langues ou encore des couples mixtes, et tout le monde arrive à se débrouiller dans la langue de l’autre :

Ce que je rencontre souvent, c’est aussi un couple qui est bilingue, qu’un francophone a marié une Suisse allemande, alors moi je pense quand même ceux qui viennent ici, eh ben la chance qu’ils parlent deux, deux langues ou trois langues elle est plus grande en tous les cas. REBEKKA

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