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Plurilinguisme dans la littérature française

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Edited By Alicia Yllera and Julian Muela Ezquerra

Ce volume s’intéresse à un phénomène très ancien mais qui a pris une grande ampleur de nos jours : la présence de langues ou dialectes autres que la langue de base du texte littéraire (ici le français). Les douze essais réunis dans ce volume analysent les différentes formes (alternance, assemblage, superposition de codes, etc.) et fonctions (ludique, comique, satirique, parodique, réaliste, esthétique, identitaire, revendicative, etc.) de l’hétérogénéité langagière à l’intérieur d’un même texte littéraire. Ces études s’intéressent à des textes français ou francophones appartenant à des époques différentes, qui vont des textes narratifs et dramatiques du XII e et du XIII e siècles jusqu’à des romans d’écrivains nés dans le dernier tiers du XX e siècle. D’autres chapitres analysent l’œuvre de Rabelais, la comédie du XVII e siècle, un récit de voyages du XVIII e siècle, un roman populaire du XIX e siècle, les romans policiers de Fred Vargas, une pièce inédite d’Hélène Cixous, des romans d’Albert Cohen, d’Ahmadou Kourouma et de Laura Alcoba, ainsi que deux pièces dramatiques de Jean Marc Dalpé.
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Rabelais sur les sentiers de Babel

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1. Le XVIe siècle et la question des langues

La question de la langue, des langues et du langage prend une grande importance, en France, dans la première moitié du XVIe siècle. Il ne faudrait pas oublier, en effet, que l’humanisme de la Renaissance « avant d’être cette philosophie de l’homme que l’on met trop souvent en avant, est d’abord une réflexion sur la langue et sur la transmission de l’héritage culturel des Anciens » (Dagron, 2007 : 11).

Le mythe de Babel, de la confusion et multiplication des langues – vieille histoire bien antérieure à la Bible, puisqu’elle est documentée dans des tablettes cunéiformes sumériennes datant du troisième millénaire avant Jésus-Christ (Kramer, 1969) –, connaît un nouveau regain d’intérêt1. Si ce mythe a toujours été présent dans notre culture, c’est pourtant au moment de la Renaissance que la question de la confusion des langues se pose avec le plus acuité. Ceci s’explique par un intérêt renouvelé pour les langues dites « classiques », par les nombreux voyages et explorations de pays jusqu’alors inconnus qui ont mis les Européens en contact avec des peuples parlant des langues différentes, par l’importance croissante des langues romanes et germaniques et le recul du latin en tant que seule langue de culture, ce qui pouvait faire croire naguère à une heureuse universalité du savoir, sans problèmes de communication. Pieter Breughel l’Ancien, qui déj...

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