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Plurilinguisme dans la littérature française

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Edited By Alicia Yllera and Julian Muela Ezquerra

Ce volume s’intéresse à un phénomène très ancien mais qui a pris une grande ampleur de nos jours : la présence de langues ou dialectes autres que la langue de base du texte littéraire (ici le français). Les douze essais réunis dans ce volume analysent les différentes formes (alternance, assemblage, superposition de codes, etc.) et fonctions (ludique, comique, satirique, parodique, réaliste, esthétique, identitaire, revendicative, etc.) de l’hétérogénéité langagière à l’intérieur d’un même texte littéraire. Ces études s’intéressent à des textes français ou francophones appartenant à des époques différentes, qui vont des textes narratifs et dramatiques du XII e et du XIII e siècles jusqu’à des romans d’écrivains nés dans le dernier tiers du XX e siècle. D’autres chapitres analysent l’œuvre de Rabelais, la comédie du XVII e siècle, un récit de voyages du XVIII e siècle, un roman populaire du XIX e siècle, les romans policiers de Fred Vargas, une pièce inédite d’Hélène Cixous, des romans d’Albert Cohen, d’Ahmadou Kourouma et de Laura Alcoba, ainsi que deux pièces dramatiques de Jean Marc Dalpé.
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Les autres langues dans les romans de Fred Vargas

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Moins de deux cents ans se sont écoulés depuis la publication des Murders in the Rue Morgue et de L’Affaire Lerouge. Edgar Allan Poe ou Émile Gaboriau sont considérés aujourd’hui comme des auteurs « canonisés », ou encore des écrivains « classiques », mais dans le vaste ensemble de l’histoire littéraire le genre qu’ils ont inauguré demeure somme toute assez récent. Le récit policier naît, dans toutes ses variantes, en pleine « modernité » du XIXe siècle et s’épanouit après les deux grandes guerres du siècle suivant, qui s’étale comme le temps de la « globalisation ». Ces deux concepts, modernité et globalisation, sont étroitement liés au genre aussi bien que la technologie, désormais nécessaire pour résoudre les crimes.

Dans ses tout débuts, les malfaiteurs de l’intrigue policière ont opéré dans un petit lieu concret, réel ou inventé (la rue Morgue de Paris, le « hameau sans importance » de La Jonchère, entre La Malmaison et Bougival…) et en général urbain (Reuter, 2005). De nos jours, les dimensions de l’enquête s’élargissent et exigent souvent la participation internationale (Interpol, FBI…) ou les voyages transocéaniques, sans oublier les assassinats perpétrés dans la nébuleuse de l’internet. Les scènes du crime se multiplient et, conséquence inévitable de cette mondialisation, les langues du policier doivent aussi s’ouvrir à la nouvelle réalité. Or, le centralisme linguistique s’est en g...

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