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Plurilinguisme dans la littérature française

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Edited By Alicia Yllera and Julian Muela Ezquerra

Ce volume s’intéresse à un phénomène très ancien mais qui a pris une grande ampleur de nos jours : la présence de langues ou dialectes autres que la langue de base du texte littéraire (ici le français). Les douze essais réunis dans ce volume analysent les différentes formes (alternance, assemblage, superposition de codes, etc.) et fonctions (ludique, comique, satirique, parodique, réaliste, esthétique, identitaire, revendicative, etc.) de l’hétérogénéité langagière à l’intérieur d’un même texte littéraire. Ces études s’intéressent à des textes français ou francophones appartenant à des époques différentes, qui vont des textes narratifs et dramatiques du XII e et du XIII e siècles jusqu’à des romans d’écrivains nés dans le dernier tiers du XX e siècle. D’autres chapitres analysent l’œuvre de Rabelais, la comédie du XVII e siècle, un récit de voyages du XVIII e siècle, un roman populaire du XIX e siècle, les romans policiers de Fred Vargas, une pièce inédite d’Hélène Cixous, des romans d’Albert Cohen, d’Ahmadou Kourouma et de Laura Alcoba, ainsi que deux pièces dramatiques de Jean Marc Dalpé.
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À propos des anglicismes dans l’œuvre d’Albert Cohen

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Les écrits d’Albert Cohen nous transmettent un amour profond pour la France et pour la langue française qu’il apprend à l’âge de cinq ans lorsque ses parents, des juifs corfiotes, s’installent à Marseille1. Pour le petit Albert qui découvre à Marseille la haine antisémite, la maîtrise de la langue devient la clé de la réussite sociale et, plus tard, de la reconnaissance littéraire. Ainsi, c’est en français que Cohen écrira les romans où il raconte l’histoire de Solal Solal, un Juif céphalonien qui arrive au sommet de la Société des Nations, et des Valeureux, ses fantasques parents. Dans ses œuvres autobiographiques, l’écrivain Cohen souligne ce sentiment dévoué envers la langue et les héros de ses romans illustrent l’importance de maîtriser la langue car elle ouvre la voie du pouvoir économique et politique, dans le cas de Solal, et elle s’érige en instrument pour marquer l’identification et l’intégration dans une communauté, dans le cas des Valeureux. Le fait de parler français devient pour le groupe de cousins l’expression de leur sentiment d’appartenance à une communauté francophone qu’ils idéalisent2, sans pour autant renoncer à leur identité juive et méditerranéenne.

Ainsi, le choix de la langue d’écriture peut être justifié parce qu’elle est admirée pour elle-même et parce qu’elle est en rapport avec un pays mythifié. Le petit Albert aimait la République française ← 261 | 262 → et sa représentation...

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