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La liaison : approches contemporaines

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Edited By Christiane Soum Favaro, Annelise Coquillon and Jean-Pierre Chevrot

La liaison est un phénomène phonologique typiquement français, qui consiste à prononcer la consonne finale d’un mot lorsque celui-ci précède un mot comportant une voyelle initiale ( les [z] écrans). Dans bien des cas cependant, il est possible de prononcer aussi bien avec liaison que sans liaison ( ainsi dans mais [z] enfin). Cela confère à la liaison un caractère variable et hétérogène, dont la complexité, depuis les années 40, ne cesse d’intriguer les chercheurs. À date récente, la constitution de grands corpus oraux, tel PFC (Phonologie du Français Contemporain) a relancé l’étude de la liaison. Le présent ouvrage propose une revue à la fois large et précise des dernières recherches dans le domaine, d’un point de vue aussi bien linguistique que psycholinguistique et sociolinguistique. Il rend compte d’études nouvelles sur le traitement de la liaison dans la communication orale, mais aussi en production écrite ou chez des personnes atteintes de pathologies du langage. Il s’adresse tant aux spécialistes qu’aux étudiants en sciences du langage désireux de s’instruire à propos de ce phénomène phare de la phonologie du français.
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Chapitre 14: La production des consonnes éclipsées chez de jeunes locuteurs de l’irlandais: Pauline Welby, Máire Ní Chiosáin, Brian Ó Raghallaigh

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PAULINE WELBY, MÁIRE NÍ CHIOSÁIN, BRIAN Ó RAGHALLAIGH

Un des aspects les plus surprenants des langues celtiques est leurs processus de mutation initiale, qui modifient le premier son d’un mot selon le contexte. Par exemple, le mot irlandais pour la capitale de la France commence soit par [p], soit par [f], soit par [b], selon le contexte : Páras [paːrəs] ‘Paris’, ó Pháras [faːrəs] ‘de Paris’, i bPáras [baːrəs] ‘à Paris’. Ces processus sont extrêmement courants, tout du moins dans la langue écrite, avec environ 18 % de mots irlandais réalisés avec une mutation initiale.1 Plus d’une dizaine de contextes morphosyntaxiques et lexicaux entraînent des mutations initiales, qui touchent non seulement les noms, mais aussi les verbes et les adjectifs. La structure phonologique de ces mutations, telles que le séimhiú (le terme irlandais, prononcé [ʃeːvuː]) et l’éclipse (irlandais : urú, prononcé [uruː]),2,3 pour ce qui concerne les ← 345 | 346 → plus courantes), a été analysée selon plusieurs cadres théoriques (Hamp, 1951 ; Ó Siadhail & Wigger, 1975 ; Willis, 1986 ; Ní Chiosáin, 1991 inter alia).

Malgré l’importance des recherches dans le domaine, très peu d’études expérimentales ont été réalisées sur les mutations initiales, et l’on ne sait donc quasiment rien de leurs propriétés acoustiques ni de leur traitement perceptif par les auditeurs. Par exemple, on peut se demander si le [g] de ar an gcas...

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