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Les élites en question

Trajectoires, réseaux et enjeux de gouvernance : France, UE, Russie

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Edited By Bernd Zielinski and Jean-Robert Raviot

L’ouvrage comporte des analyses sociologiques, politiques et historiques sur le rôle des élites dans la gouvernance. Il adopte une perspective internationale qui englobe des articles – en français et en anglais – sur la France, l’Union européenne et la Russie/URSS. En choisissant cette approche, le livre s’insère dans les débats sur les divergences et convergences dans le recrutement et la reproduction des élites nationales et européennes. Il évoque également l’évolution des orientations politiques et idéologiques des élites, une question particulièrement importante à une période profondément marquée par la crise financière et économique internationale. Les analyses du rôle des élites dans des pays comme la Russie contribuent au développement d’une vision plus globale et comparative et renvoient aux problèmes spécifiques des états postcommunistes. L’évocation de questions théoriques concernant les élites et la gouvernance complète ce recueil collectif.
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Sophie LAMBROSCHINI: La genèse du bankir : la valorisation de l’expérience du capitalisme au sein de l’élite soviétique (1974–1991)

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La genèse du bankir : la valorisation de l’expérience du capitalisme au sein de l’élite soviétique (1973–1991)

Sophie LAMBROSCHINI

Université Paris-Ouest Nanterre La Défense

Dans les années 1970, les économies socialistes, URSS en tête, font leur grande entrée dans la mondialisation1. En 1973, les importations soviétiques en provenance des pays occidentaux industrialisés atteignent seize fois le montant qui était le leur en 1945 grâce aux devises générées par les exportations croissantes de pétrole (Goldman, 1975 : 82). L’URSS emprunte aussi huit fois plus en 1975 qu’en 1970, renforçant ainsi sa présence sur les marchés mondiaux. En 1983, l’Union soviétique est le troisième débiteur du monde (hors OCDE) après le Brésil et le Mexique et le premier consommateur au monde de prêts extérieurs2. Dès 1965, Moscou commence à adapter sa politique bancaire à une stratégie économique d’ouverture notamment à travers l’établissement de nouvelles banques à capitaux soviétiques sur les grandes places financières occidentales : Zurich, Singapour, Luxembourg, Francfort-sur-le-Main… Pour lever des fonds en devises, l’URSS a de plus en plus recours aux marchés financiers mondiaux : négociation d’emprunts auprès des banques occidentales, investissements immobiliers, arbitrage de devises, vente d’or – autant d’opérations gérées par l’intermédiaire de ces « banques soviétiques hors frontières » (sovzagranbanki) qui renforcent le réseau des établissements historiques comme...

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