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Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines

Textes réunis et présentés par Jacqueline Michel et Annette Shahar

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Edited By Jacqueline Michel and Annette Shahar

De tous temps il y eut des poètes qui se montrèrent particulièrement sensibilisés aux faits socio-politiques et historiques. Ayant conscience que c’était le devenir de l’Homme que ces faits mettaient en jeu, ils furent amenés à prendre position, optant pour un engagement dont faisait foi leur travail d’écriture.
Chez les poètes contemporains, qu’en est-il de cette prise de conscience incitant à l’engagement ? Devrait-on parler d’une remise en cause, d’une redéfinition, d’un renouvellement de cette notion d’engagement, ou au contraire d’un sentiment de méfiance, voire de rejet de peur qu’une confusion ne s’installe entre l’ordre de l’art (art du langage pour le poème) et celui de la politique ? Mais il est un fait que même s’il revendique haut et fort la liberté pour son travail d’écriture, le poète ne peut pas se couper des réalités du monde parce qu’il est celui qui épouse le mouvement de la vie, parce que rien de ce qui est humain ne peut lui être indifférent.
A la suite du colloque international organisé à l’Université de Haïfa en janvier 2010, sur Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines, les textes réunis dans ce livre, cherchent à élaborer des éléments de réponses à ces questions, à partir d’œuvres contemporaines marquées par l’affrontement avec le monde en ses événements, avec l’actualité de l’Histoire. Chercheurs et poètes nous proposent diverses réflexions, questionnements, analyses, portant sur les aspects que présente aujourd’hui la relation du poème à son temps.
Ces textes apportent de nécessaires et riches éclairages sur la complexité du rapport entre poétique et politique, sur la situation souvent conflictuelle du poète entre engagement et désengagement.

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Marlena BRAESTER Engagements et mise à distance 275

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Engagements et mise à distance Marlena BRAESTER Poète, traductrice, linguiste – Haïfa Dans la préface au recueil Le ciel qui brûle1 de Marina Tsvétaïeva, Zéno Bianu, citant et parlant de Marina Tsvétaïeva, écrit: la louve ne hurle jamais « avec les loups des places publiques », en faisant allusion au fait que la poétesse n’avait embrassé ni la cause de « gauche » de la Russie révolutionnaire ni celle de droite de l’émigration russe parisienne; adepte d’une contre-morale absolue, elle récusait tous les sens conve- nus, récitant dans Moscou la rouge des poèmes exaltant l’armée blanche et célébrant le chant fulgurant de Maïakovski parmi la diaspora russe. Je dis cela en mettant le cas de Marina Tsvétaïéva en exergue au point de vue personnel que je vais exposer. Cette relativisation, cette mise en perspective – mise en perspective de l’événement, du contemporain, contre l’embrigadement, évite au poète la prise de position limitée par la « surface bavarde des choses », comme dirait Serge Moscovici2, sachant que, dans la plupart des prises de position, cela peut être vrai à un moment donné de l’histoire, mais ne tient pas dans l’historicité. Ce refus lui évite de se retrouver embrigadée avec ou contre la vérité du régime, la vérité du parti, la vérité du pou- voir, que chacun croit sa vérité unique (celle « après laquelle il n’y a pas d’autres v...

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