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La litote

Hommage à Marc Bonhomme

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Edited By André Horak

S’intéressant à des domaines aussi variés que la rhétorique, la pragmatique, la sémiostylistique, les sciences des médias et l’histoire de la langue française, Marc Bonhomme a tout particulièrement enrichi – et il continue de le faire – les recherches en linguistique par ses travaux novateurs sur les figures du discours. Pour l’honorer, ses élèves et amis ont choisi de revisiter le champ des figures et de combler une lacune scientifique en examinant la litote, à laquelle, malgré sa notoriété et sa diffusion, les théoriciens ont jusqu’ici réservé peu de pages.
Philologiques, rhétoriques et pragmatico-discursives, les contributions du présent recueil vont au cœur de la problématique qui entoure la litote. Comment concilier le moins et le plus, dont la coprésence ou l’interaction a priori paradoxale constitue le trait définitoire de cette figure ? Quel est le rôle de la négation dans la production litotique ? Quels rapports la litote entretient-elle avec les figures avoisinantes que sont l’euphémisme, l’ironie et l’hyperbole ? Les perspectives variées ici réunies montrent que la litote est une figure référentielle fort complexe qui occupe une position clé dans le langage.

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Fernand DELARUELitotes chez les grammairiens latins 39

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Litotes chez les grammairiens latins Fernand DELARUE, Université de Poitiers 1. Introduction Dans un article de Langue française consacré aux figures de rhétorique et à leur actualité en linguistique, Douay-Soublin (1994: 15) invitait «très classi- quement» à bien distinguer, dans le rapport actuel à la rhétorique antique, deux attitudes «qui ne peuvent fonctionner qu’en alliance alternée: la recons- truction aussi objective que possible du domaine ancien, sans visée récupéra- trice; et le remploi hardi et clairvoyant, dans nos constructions, sous nos hypothèses, de certains beaux concepts anciens, qui dans ce déplacement ne manqueront pas de se trouver transformés». Soit d’un côté un «travail histo- rique», de l’autre un «travail théorique». L’ouvrage de Hoffmann (1987) sur la litote en latin, Negatio Contrarii: a Study of Latin Litotes, relève clairement de la seconde attitude1, de même que le très ancien article de Weyman, «Stu- dien über die Figur der Litotes», qui date de 1887. Notre projet, lui, est ici purement historique: il vise à apporter de la clarté dans un domaine souvent méconnu et où il n’est pas toujours aisé de s’orienter. Nul n’ignore (il suffit de consulter un dictionnaire des noms communs) que le nom de la litote vient du grec λίτοτης. On rappelle aussi fréquem- ment la formule du grammairien latin Donat, selon qui la litote minus dicit quam significat, «dit moins qu’elle ne signifie» (Hec., 775). Peut-on pour autant affirmer que le mot désigne toujours,...

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