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Terminologie (II) : comparaisons, transferts, (in)traductions

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Edited By Jean-Jacques Briu

Lorsqu’il s’agit de traduire des éléments de nomenclatures spécialisées, des unités linguistiques ou les concepts qui y sont attachés, on ne peut faire l’économie d’une analyse multiple du sens. Si les dictionnaires généraux sont impuissants à fournir des traductions utilisables et si les nomenclatures spécialisées sont inadéquates, c’est que le sens des mots est souvent complexe, participant de divers systèmes eux-mêmes complexes et que le travail d’analyse n’a pas été suffisamment développé. Parce que chaque langue est en interrelation nécessaire avec une « culture », réseau hypercomplexe de formes et de valeurs particulières, le problème de la correspondance se manifeste tout autant du côté linguistique dans la traduction ou l’intraduction, que du côté culturel dans la transculturalité.
Les contributions présentées à l’occasion d’un colloque international de terminologie en octobre 2010 à Paris Ouest Nanterre éclairent ces dimensions dans les domaines du droit, de la philosophie, de la presse et de la linguistique. Les études sont menées à partir d’une pluralité de langues : le français, l’allemand, l’espagnol, le latin et le grec, l’arabe et le russe.

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De la diversité des langues (grec et latin) à la diversité de signification: des Stoïciens à Cicéron Maria PROTOPAPAS-MARNELI 103

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De la diversité des langues (grec et latin) à la diversité de signification : des Stoïciens à Cicéron Dr. Maria PROTOPAPAS-MARNELI Directrice du Centre de Recherche sur la Philosophie grecque de l’Académie d’Athènes On découvre souvent des sentiments intraduisibles que l’art permet d’expliquer. Si ce n’est que par l’art que nous pouvons expliquer, tra- duire, proférer ou, en définitive, nous communiquer à nous-mêmes les sentiments qui logent en nous, dont nous sommes nous-mêmes l’artisan, qu’en est-il des mots qui articulent notre discours extérieur ? Ou bien quelle confusion aurait pu se produire avec le discours que nous proférons, dès l’instant où nos pensées (à savoir notre discours intérieur), habillées de leur costume discursif, sortent de notre bouche et vont à la rencontre de l’oreille et de la faculté réceptive de notre interlocuteur ? Comment celui-ci serait-il susceptible d’interpréter nos pensées devenues discours ? Convenons toutefois que, d’une certaine manière, on commu- nique surtout avec soi-même ; lorsqu’on parle, en effet, on se perçoit soi-même en l’autre, mais on se perçoit également comme autre. La parole crée une division, un écart ou une distance et non une connais- sance cognitive ; on parle pour communiquer mais aussi pour extério- riser ses pensées ; parfois tout simplement pour écouter leur sonorité et leur tonalité. Afin de décrire ce passage du discours intérieur au discours proféré, les Stoïciens ont inventé une image qui désignait...

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