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Les métamorphoses du conte

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Edited By Jean Perrot

La métamorphose est le motif principal des récits merveilleux. Elle constitue l’essence même du processus de transmission de tout conte par l’appropriation que chaque nouveau conteur réalise dans sa parole vivante. Celle-ci n’est pas simple répétition, mais toujours un échange dont le change est donné sous le couvert des mots mêmes: il en est ainsi de ce Petit Chaperon Rouge inaugural que Charles Perrault aurait conçu en dialoguant tacitement avec Jean de la Fontaine dans le contexte de l’oralité savante de l’Académie française.
Ce volume tient compte de la mutation que représente, depuis les bords de la mer Baltique jusqu’à l’Afrique et jusqu’aux terres d’Outre-Atlantique, l’émergence d’une convivialité culturelle internationale présente ici dans la voix de quelques conteurs, qu’il s’agisse des porte-parole de pays anciennement colonisés ou d’autres, soumis, il n’y a pas si longtemps, au joug des occupants. Le conte est l’expression d’une sagesse immémoriale, la revendication de particularismes inaliénables, le moyen le plus sûr de forger ou de ressouder une unité nationale en quête d’une identité renouvelée.
Le livre offre surtout un foisonnement théorique et un va-et-vient de la culture populaire à la culture savante dans le jeu des lectures critiques: historienne, psychanalytique, anthropologique, littéraire. Le conte, Protée exerçant son mirage aux mille facettes, est le miroir où les chercheurs, conteurs à leur manière, explorent une «onde pure» et, néanmoins, si troublante…

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PARTIE IIL’ÉVOLUTION DES SUPPORTS : DE LA VOIX À LA VUE

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PARTIE II L’ÉVOLUTION DES SUPPORTS : DE LA VOIX À LA VUE Conte et mémoire, entre écriture et oralité Bruno DE LA SALLE Directeur artistique du Centre de Littérature Orale (CLIO) et conteur Je fais suite à deux hommes illustres [André Miquel et Jamel Eddine Bencheikh] et à l’inverse d’eux je ne vais pas parler d’histoire mais de mémoire et en peu de temps je vais essayer d’explorer ce domaine, extrêmement fuyant. En ce qui me concerne, j’ai toujours pensé ne pas avoir de mémoire. Sans doute est-ce le cas pour beaucoup d’entre nous. Nous n’avons pas de mémoire pour ce que nous aimons. J’étais très mauvais élève et personne ne m’a jamais appris à apprendre. J’ai com- mencé à apprendre assez tard. J’ai commencé mon activité d’artiste de la parole, de conteur en ra- contant des rêves. On pourrait dire qu’il s’agissait de rêves éveillés, je l’ignorais alors ; comme j’ignorais que ces rêves avaient été stigmatisés, répertoriés par le Dr Robert Desoille. C’était plutôt à la suite des surréa- listes que je poursuivais cela, comme ils l’avaient tenté eux-mêmes et surtout pour ne pas les oublier. Je m’étais organisé un petit système d’enregistrement pendant que je divaguais pour ne pas oublier ces asso- ciations d’idées ou ces découvertes. Je me suis aperçu après que le fait même d’avoir eu à parler pendant que ces associations d’idées se formu-...

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