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Les métamorphoses du conte

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Edited By Jean Perrot

La métamorphose est le motif principal des récits merveilleux. Elle constitue l’essence même du processus de transmission de tout conte par l’appropriation que chaque nouveau conteur réalise dans sa parole vivante. Celle-ci n’est pas simple répétition, mais toujours un échange dont le change est donné sous le couvert des mots mêmes: il en est ainsi de ce Petit Chaperon Rouge inaugural que Charles Perrault aurait conçu en dialoguant tacitement avec Jean de la Fontaine dans le contexte de l’oralité savante de l’Académie française.
Ce volume tient compte de la mutation que représente, depuis les bords de la mer Baltique jusqu’à l’Afrique et jusqu’aux terres d’Outre-Atlantique, l’émergence d’une convivialité culturelle internationale présente ici dans la voix de quelques conteurs, qu’il s’agisse des porte-parole de pays anciennement colonisés ou d’autres, soumis, il n’y a pas si longtemps, au joug des occupants. Le conte est l’expression d’une sagesse immémoriale, la revendication de particularismes inaliénables, le moyen le plus sûr de forger ou de ressouder une unité nationale en quête d’une identité renouvelée.
Le livre offre surtout un foisonnement théorique et un va-et-vient de la culture populaire à la culture savante dans le jeu des lectures critiques: historienne, psychanalytique, anthropologique, littéraire. Le conte, Protée exerçant son mirage aux mille facettes, est le miroir où les chercheurs, conteurs à leur manière, explorent une «onde pure» et, néanmoins, si troublante…

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PARTIE IIIREGARDS ET THÉORIES CRITIQUES

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PARTIE III REGARDS ET THÉORIES CRITIQUES Le conteur au XXe siècle Le grand absent des réflexions institutionnelles et muséologiques Catherine VELAY-VALLANTIN Maître de conférences à l’EHESS, chargée de l’enseignement interdisciplinaire « Histoire des contes » Comment penser le folklore au XXe siècle ? Reconstruire histori- quement les positions des folkloristes peut nous permettre de dégager les méthodologies et les exégèses qui ont créé le folklore comme une discipline scientifique à part entière, et qui ont autorisé l’administration institutionnelle des objets et des documents collectés. Les folkloristes de l’entre-deux-guerres ont proposé des grilles de classement sélectif et des analyses interprétatives pour toutes les proférations populaires engran- gées depuis des décennies par les sociétés savantes, les érudits, les col- lectionneurs. Par des débats et un congrès, le Ier Congrès international de folklore, en 1937, par des lieux, les musées, en particulier le musée national des Arts et Traditions populaires, il a fallu légitimer des modes de distinction, de reconnaissance scientifiques qui, à leur tour, par la suite, ont réalisé la possibilité de certaines formes d’énonciation popu- laire, ou accrédité tel acteur populaire plutôt que tel autre. Pour ces folkloristes, il s’est agi d’abord d’identifier le folklore en procédant à un pur inventaire des productions « traditionnelles ». Il a fallu s’enquérir des différents spécimens de folklore, énumérer des objets, des textes, des genres, des th...

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