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L’autre au miroir de la scène

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Edited By Catherine Dumas and Karl Zieger

Le théâtre est un lieu d’observation, un lieu de projection de l’imaginaire, dans lequel apparaît « l’Autre ». Celui-ci se révèle un objet composite, qui conjugue objectivité et fantasme, illusion et décryptage du réel.
Prenant en compte des œuvres dramatiques de l’Antiquité jusqu’au XXI e siècle, le présent ouvrage propose analyses et réflexions sur la manière dont l’art dramatique s’empare, depuis toujours, de cet imaginaire de l’altérité, selon les codifications et les langages (verbal et/ou scénique) qui lui sont propres. Suivant cela, l’art du spectacle aggrave-t-il les stéréotypes, ou, au contraire, contribue-t-il à les modifier, parfois de façon inattendue, au nom de valeurs plus ou moins explicites ?
En mettant à profit des approches relevant des travaux sur l’imagologie et sur les stéréotypes nationaux, des transferts culturels et des études de réception, les différentes contributions qui composent cet ouvrage étudient dans quelle mesure la notion d’altérité varie dès lors que l’on prend en compte une production théâtrale de différentes aires nationales et de diverses époques. Cette production s’avère alors plus ou moins marquée par les codes ou préoccupations identitaires, voire par la reconnaissance des singularités de l’Autre. Celles-ci peuvent être nationales, religieuses ou sociales. L’Autre est aussi représentant de l’Ailleurs. Il peut prendre les traits du voyageur, de l’étranger qui tranche sur les autres personnages par son costume et ses manières, son langage ou ses valeurs. Cette figure souvent dérangeante connaît de multiples incarnations et suscite le mépris ou l’amusement, la fascination ou le rejet.

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CINQUIÈME PARTIE : LA LANGUE DE L’AUTRE

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CINQUIÈME PARTIE LA LANGUE DE L’AUTRE 221 La langue de l’Autre dans le théâtre comique de la seconde moitié du XVIIe siècle Céline PARINGAUX Université d’Artois, Arras (Lille - Nord-de-France) Pour commencer, nous laisserons la parole à un père jésuite, Dominique Bouhours, qui affirme en 1671 dans Les Entretiens d’Ariste et d’Eugène : « [S]i l’Espagnol est propre à représenter le caractère des Matamores, l’Italien semble fait pour exprimer celui des Charlatans. Le Français est exempt de tous ces défauts, il garde un juste tempérament entre ces deux langues »1. Le ton est donné : en cette fin de XVIIe siècle, on pense volontiers le rapport à l’Autre, et en particulier à la langue des Autres. Mais penser la langue des Autres, pour Bouhours et beaucoup de ses contemporains, c’est avant tout proclamer la grandeur et la suprématie de la langue française sur tous les autres idiomes. C’est dans ce contexte qu’est donnée, pendant la seconde moitié du siècle, une multitude de pièces comiques qui font intervenir un person- nage s’exprimant dans une autre langue. Quelles sont ces langues ? Sont-elles là essentiellement pour faire rire ? Y a-t-il un lien entre ces autres langues de théâtre et la réflexion contemporaine sur la grandeur de la langue française ? Parce que le corpus est vaste, nous avons choisi de le restreindre aux personnages étrangers. Sont donc exclus les pro- vinciaux et les beaux parleurs amateurs de langue latine....

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