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La linguistique de la contradiction

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Edited By Jacques François, Pierre Larrivée, Dominique Legallois and Franck Neveu

La notion de contradiction traverse l’organisation du langage. Elle structure le lexique, motive des constructions syntaxiques et est un mode d’organisation du discours. C’est ce que démontrent les études réunies dans cet ouvrage éclairant des cas jusqu’ici peu étudiés, dans un ensemble de langues proches et plus éloignées, anciennes et modernes. Ces études suggèrent la récurrence d’une même notion à différents niveaux de structuration, de la langue au discours, permettant l’intégration de dimensions hétérogènes. Se trouve ainsi affirmée l’idée que les tensions entre contrariété et contradiction sont à l’origine des raisonnements contextuels qui donnent des objets linguistiques bien formés.

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PREMIÈRE PARTIE. LES MARQUES DE L’OPPOSITION

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PREMIÈRE PARTIE LES MARQUES DE L’OPPOSITION 19 Le cycle de Jespersen à trois et quatre négations Johan VAN DER AUWERA*, Frens VOSSEN* et Maud DEVOS** * Université d’Anvers, ** Musée Royal de l’Afrique Centrale, Tervuren 1. Doublement : Jespersen (1917) et Meillet (1912) Il existe un principe simple qui associe les sens et les formes selon une règle de biunivocité : un sens ne requiert qu’une seule forme et inversement, une forme correspond à une seule signification. Ce prin- cipe constitue l’élément central de certains cadres linguistiques (par exemple : l’école de Colombie de William Diver (Huffman 2001) et la Théorie d’Optimalité (de Swart 2010)), et s’il est important, il est éga- lement un peu simpliste. Le français le prouve avec la négation proposi- tionnelle. Considérez la phrase (1) en français standard moderne. (1) Cléopâtre n’a pas eu de chance. Dans la perspective classique, (1) contient deux marqueurs de néga- tion, à savoir ne et pas. D’un point de vue logique, on présumerait que deux négations s’annulent ou que, pour le moins, une négation se trouve dans le champ de l’autre. Mais, en ce qui concerne (1), ce n’est pas le cas. En sémantique, il n’y a qu’une seule négation. Le phénomène illustré en (1) a fait l’objet d’études approfondies, tant d’un point de vue spécifique à une seule langue que d’un point de vue typologique. Pour ces deux perspectives, on se réfère...

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