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Le prix de l’impasse

Christianisme africain et imaginaires politiques

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Kasereka Kavwahirehi

Effondrements et périls suprêmes appellent toujours de grandes reconstructions de sens et d’ordre. Comment concevoir de nouvelles modalités d’un vivre-ensemble humain dans la région des Grands Lacs africains ? Faut-il parler de reconstruction ou de refondation ? Quelles ressources mobiliser ? Que faire pour que les millions de morts deviennent source d’une production politique ? Telles sont les questions que pose ce livre.
L’ingénierie politicienne et l’humanitarisme néolibéral ont montré leur incapacité à promouvoir un projet de relèvement du sujet africain. À la différence de la raison technique, les traditions religieuses contiennent des ressources symboliques d’une force particulière pour faire échec aux forces mortifères de désintégration : réunir l’homme brisé avec lui-même comme avec les autres et le cosmos. Quelles sont dès lors les conditions que doit remplir le christianisme pour jouer un rôle moteur dans la ré-imagination politique de l’Afrique et instituer un nouvel imaginaire social : celui de la sacralité de la vie ?
La démarche interdisciplinaire de l’auteur, qui plonge dans le drame humain de la région des Grands Lacs, ouvre des voies pour des pratiques éthique, théologique, politique et philosophique aptes à permettre une remontée commune en humanité.

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Première partie. La religion comme performance politique

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PREMIÈRE PARTIE LA RELIGION COMME PERFORMANCE POLITIQUE 33 Introduction Le concept de religion tel qu’il est utilisé en Afrique est non seulement une invention récente mais aussi une importation taillée sur les mesures de la religion des dominants ou sur la manière dont ces derniers, dans le contexte qui est le leur, entendent leur religion (le christianisme) et lui assignent une place et des fonctions spécifiques1. Notre concept de religion résulte, autrement dit, de la généralisation d’une conception historique particulière, celle de la modernité européenne précisément, à laquelle on a fait jouer le rôle de référence normative, permettant « de discerner ce que les autres comportent de vrai ou de faux, de pertinent ou de superfétatoire, de les hiérarchiser selon la distance plus ou moins grande qui les rapproche ou les éloigne d’elles-mêmes2 ». En ce sens, le concept de religion tel que nous l’utilisons a une histoire et une politique qui méritent d’être écrites pour lever certains malentendus et ouvrir de nouvelles perspectives sur la manière d’« appréhender et [de] caractériser adéquatement l’expérience religieuse telle qu’elle se vit et se saisit dans les cultures [et les sociétés] d’Afrique » d’hier et d’aujourd’hui d’une part. D’autre part, pour libérer le potentiel symbolique et utopique des religions des murs armés des cathédrales, des temples ou des espaces privés où, dès son émergence, l’...

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