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Guerre et Paix

Une destinée européenne ?

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Edited By Sylvain Schirmann

Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L’amorce d’un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s’est nourrie d’un narratif mettant en valeur l’apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l’enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l’ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l’UE. En panne aujourd’hui, il mérite d’être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l’émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d’Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l’Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification.
Ce volume se veut un hommage rendu à l’œuvre de l’homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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L’évolution de l’image mémorielle du combattant européen de la Grande Guerre (François Cochet)

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73 L’évolution de l’image mémorielle du combattant européen de la Grande Guerre François CoChet Le concept de combattant européen de la Grande Guerre constitue-t-il un mode d’approche opératoire pour décrire la diversité des conditions combattantes rencontrées sur les différents fronts de la Première Guerre mondiale ? Rien n’est moins sûr. Malgré certaines fêlures rapidement identifiées chez les soldats sur la manière de mener la guerre, les senti- ments nationaux l’emportent largement au sein des armées en guerre. Il faut donc interroger cette notion dans un premier temps afin d’essayer de préciser si elle correspond à une réalité historique ou bien à une volonté mémorielle reconstruite aujourd’hui. Dans un deuxième temps, il nous faut tenter d’appréhender les différentes mises en mémoire du soldat de 1914-1918 dans l’espace européen, au gré des évolutions politiques et des fluctuations culturelles connues par les États ex-belligérants. Le poilu européen : une construction mémorielle d’aujourd’hui Le paradigme de « combattant européen » a été mis en avant par Frédéric Rousseau dans son ouvrage de 1999, qui insistait sur les mul- tiples dimensions contraignantes rencontrées par les troupiers au combat par rapport à leur propre hiérarchie. Il évoquait notamment « l’approfon- dissement du fossé qui existe dans les armées – là aussi d’une manière universelle – entre la troupe (sous-officiers compris) et les officiers… »1 Dans sa lecture des hommes « sous oppression », le soldat...

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