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Guerre et Paix

Une destinée européenne ?

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Edited By Sylvain Schirmann

Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L’amorce d’un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s’est nourrie d’un narratif mettant en valeur l’apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l’enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l’ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l’UE. En panne aujourd’hui, il mérite d’être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l’émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d’Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l’Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification.
Ce volume se veut un hommage rendu à l’œuvre de l’homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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La victimisation des combattants de la Grande Guerre (Nicolas Beaupré)

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99 La victimisation des combattants de la Grande Guerre (France, Allemagne, Europe, 1914-2014) Nicolas Beaupré L’hommage rendu à toutes les victimes des violences de guerre, d’État ou de génocide, la monumentalisation des mémoires victimaires1, la re- vendication par des groupes sociaux, religieux, ethniques, de genre…, bref par des « communautés » dans tous les sens du terme, de leur statut de « victime » ou même la reconnaissance de ce statut de victime par les tribunaux ou les assemblées politiques est un phénomène qui aujourd’hui semble évident et presque donné. En bref, il semble correspondre à une forme de normalité à tel point que l’on parle des « victimes de l’histoire ». Les « lieux de mémoire victimaire » ne cessent de se multiplier en Europe et dans le monde2. Alors que, comme le fait remarquer Annette Becker, « au début du XXe siècle, le concept de victime n’était guère stabilisé »3, on peut pour ainsi dire que le statut de victime est aujourd’hui au cœur des processus de constructions identitaires et communautaires, de la recherche d’une « reconnaissance » (sociale, politique, étatique…) et que cette lutte peut aller jusqu’à – comme le constata le sociologue belge Jean-Michel Chaumont – une forme de « concurrence des victimes »4. A contrario, il 1 Cf. par ex. le Mémorial aux Juifs assassinés de Peter Eisemann, au cœur géographique même de l’ancienne capitale du Reich, en partie sur l’emplacement de l’ancienne chancellerie, inauguré le 10 mai 2005. 2 David El Kenz,...

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