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Le regard étranger

L’image du Burundi dans les littératures belge et française

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Juvénal Ngorwanubusa

Troisième volet du Grand Œuvre consacré par Juvénal Ngorwanubusa à son pays, le Burundi, ce livre se penche cette fois sur l’image que les romans, belges et français, du XXe siècle, donnent de ces contrées qui bordent le lac Tanganyika.
Ce faisant, l’auteur convie son lecteur à une nouvelle exploration du XXe siècle mais aussi à une étude minutieuse de la persistance des clichés dans l’imaginaire littéraire occidental, particulièrement lorsqu’il s’agit de pays jadis qualifiés d’exotiques et d’événements tragiques liés aux Indépendances et à leurs suites. Ces événements, l’on persiste souvent à les décrypter à partir des seuls schémas de lecture occidentaux.
Bel outil de méditation par ailleurs sur les relations Histoire/Fiction, notamment à l’égard de pays éloignés, cette étude concerne aussi bien les fictions de Pierre Ryckmans, qui fut gouverneur général du Congo belge et du Ruanda-Urundi, que SAS broie du noir de Gérard de Villiers. Elle amène subtilement, et indirectement, à une précieuse connaissance d’un pays francophone parmi les plus méconnus.
Où l’on constate aussi que la Fiction n’est pas Tout.
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Conclusion

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Si un certain nombre d’analystes stigmatisent l’amnésie des Lettres belges au sujet des colonies, arguant par exemple de ce que la revue La Jeune Belgique (1881-1897) de Max Waller n’évoque même pas l’achat, par Léopold II, du Congo, il semble néanmoins, à en juger par la somme établie par Pierre Halen dans Le Petit Belge avait vu grand, que le Congo féconde largement l’imagination des écrivains belges, depuis entre autres En Congolie du fondateur de l’Art moderne Edmond Picard en 1896. L’on notera cependant que le Rwanda et le Burundi, qui constituent le « supplément obligé du Congo » (Mgr Gorju) en même temps que le jardin et la réserve de main-d’œuvre de l’immense colonie, sont généralement absents de la littérature belge de l’époque coloniale à l’exception notable de Barabara de P. Ryckmans sur le Burundi et des relations de voyages déjà citées de Marie Gevers sur le Rwanda. Après les indépendances, rompant ce « silence »1 qui s’appesantit en Belgique sur la culture de ses anciennes possessions coloniales, le Burundi et le Rwanda inspirent beaucoup mieux les écrivains belges. Qu’il suffise de citer Grégoire Pessaret avec Émile et le destin (1977), qui évoque la fin de la colonisation au Kivu et au Rwanda, Ivan Reisdorff avec L’Homme qui demanda du feu, roman basé sur une enquête judiciaire liée à la confrontation entre les communautés hutu et tutsi du Rwanda. Mais il...

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