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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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209. M. Hardion, Ministre de France, chargé de la Délégation du Gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères

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T. n° 2962.

Madrid, 12 avril 1949.

 

(Reçu : le 14, 12 h. 30)

Le Chargé d’affaires des États-Unis, qui avait mis à profit une liaison aérienne occasionnelle pour aller passer une dizaine de jours à Washington, vient de rentrer à Madrid.

Mon collègue, en prenant contact avec les services du Département d’État à la veille de la signature du Pacte atlantique et de l’assemblée de l’ONU, espérait obtenir des précisions sur la façon dont le gouvernement américain envisageait l’avenir de ses relations avec l’Espagne. M. Culbertson m’a paru assez déconcerté par l’accueil qui lui avait été réservé : à Washington et – m’a-t-il fait observer, il en est probablement de même à Paris ou à Londres – l’attention était entièrement absorbée par le Pacte de l’Atlantique ; l’affaire d’Espagne ne pouvait donc être que reléguée au second plan.

Comme je lui demandais si l’armée ne réclamait pas un règlement lui permettant de prendre plus librement contact avec l’état-major espagnol, M. Culbertson m’a indiqué que, convié à faire un exposé de la situation de la Péninsule devant des représentants des forces armées américaines il avait, à sa grande surprise, trouvé ses interlocuteurs « très peu excités » par les problèmes ibériques. Sans doute l’état-major américain souhaitait-il une « normalisation » de ses conditions éventuelles de travail en Espagne. Il reconnaissait, toutefois, que c’était au...

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