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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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314. M. Hardion, Chargé de la délégation du gouvernement de la République française en Espagne, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères

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M. HARDION, CHARGÉ DE LA DÉLÉGATION DU GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE EN ESPAGNE,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

T. n° 5102.

Madrid, 24 mai 1949.

 

(Reçu : le 27)

J’ai eu l’occasion de recueillir les premières réactions que le vote intervenu, le 18 mai, à l’Assemblée de l’ONU a provoquées au Palais de Santa Cruz.

Le directeur des Affaires politiques m’a déclaré que la simple comparaison des scrutins enregistrés sur le « cas espagnol » en 1946, 1947 et 1949 donnait la mesure du succès remporté par l’Espagne. La majorité des délégations, hostiles voici moins de trois ans au maintien à Madrid des chefs de mission accrédités, se montrait aujourd’hui favorable à leur retour. Quant au nombre des abstentions, il témoignait surtout des difficultés que certains pays continuaient à rencontrer sur le plan intérieur et de l’hypothèque que la propagande communiste faisait encore peser sur leur politique étrangère.

M. de Erice a évoqué, à vrai dire avec plus d’ironie que d’amertume, le cas de certaines délégations, celles notamment de Haïti, Costa-Rica et Cuba qui, en dépit des instructions reçues de leurs gouvernements, s’étaient abstenues ou dérobées, cédant sans doute à des séductions inavouables.

Mon interlocuteur m’a assuré que la délégation d’Israël, l’avant-veille du vote,...

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