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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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Annexe. Rapport de M. Clarac sur la situation politique en Extrême-Orient

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R.

Tokyo, 28 mai 1949.

L’évolution de la situation politique en Chine fixe l’attention du monde. L’issue de la lutte engagée depuis des années entre le Kouo Min Tang et les Communistes ne fait aujourd’hui plus de doute : l’établissement d’un gouvernement marxiste en Chine est une question de mois, sinon de semaines. Ce qui sortira de ce bouleversement est objet de spéculation : les uns espèrent que la Chine digérera les doctrines communistes et se retrouvera comme devant, fourmillante, individualiste, inarticulée ; les autres comptent sur la victoire de Mao Tsé-Toung pour assurer la déconfiture du capitalisme occidental en Asie. Mais la Chine qui n’est une grande puissance qu’en raison du nombre de ses habitants, de la richesse de son territoire, du vaste marché qu’elle offre à la production étrangère, reste essentiellement un enjeu entre des forces rivales. Son entrée au Conseil de sécurité n’a rien changé à cet état de choses. Dépecée avant 1914 par les Européens, conquise par le Japon, elle fut un temps entraînée dans le sillage américain. Derrière Mao Tsé-Toung, apparaît la Russie, qui n’a jamais cessé de surveiller la scène, d’où, en 1927, elle avait été évincée par Tchang Kaï-chek. Reste à savoir si l’URSS, plus heureuse ou plus habile que ses devancières, parviendra à stabiliser son influence en Chine. Jusqu’ici le monde chinois que, sous sa trompeuse passivité rien n’entame...

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