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L’antipassif dans les langues accusatives

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Katarzyna Janic

Inscrit depuis quarante ans dans le domaine de la syntaxe, le phénomène de l’antipassif est traditionnellement associé aux langues à alignement ergatif. Ce travail cherche donc à savoir si la corrélation de l’antipassif avec l’alignement ergatif se vérifie sur l’axe translinguistique. En d’autres termes, jusqu’à quel point doit-on insister sur la dépendance entre l’antipassif et l’alignement ergatif ? Pour comprendre pourquoi le phénomène de l’antipassif a longtemps été négligé dans la description des langues accusatives et quels sont les arguments en faveur d’une telle analyse, cette étude s’appuie sur une approche translinguistique et sur une vision bipolaire relative aux domaines de la syntaxe et de la sémantique.
Dans cet ouvrage, l’auteur s’attache à l’analyse descriptive des constructions antipassives formellement marquées. Étant donné qu’une certaine proportion de langues ergatives utilise, pour dériver l’antipassif, la marque polysémique réfléchie et/ou réciproque, cette étude s’est penchée sur les langues accusatives dont la marque antipassive présente la même caractéristique, d’où l’intérêt porté aux langues austronésiennes, du Niger-Congo, Nilo-sahariennes, turciques, et indoeuropéennes, en particulier aux langues slaves et romanes.
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Chapitre 4. L’antipassif dans les langues turciques

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CHAPITRE 4

L’antipassif dans les langues turciques

Les langues turciques connaissent également l’alternance entre la construction transitive et celle où le terme patient est destitué. Selon Johanson (1988), la famille turcique se divise en six groupes, parmi lesquels nous faisons référence aux groupes suivants :

Tableau 7. Langues turciques considérées dans l’étude

On trouve rarement le terme d’antipassif dans la documentation des langues turciques. En règle générale, les turcologues reconnaissent l’opération syntaxique de type antipassif, toutefois, ils ne la nomment pas antipassive. L’absence du terme d’antipassif ne résulte donc pas du fait que le phénomène lui-même n’a pas été reconnu dans cette famille, mais de l’absence de normalisation de l’usage de ce terme. Quand le phénomène de l’antipassif est mis en évidence, il ne se manifeste pas avec la même fréquence dans les langues turciques. Selon V. Nedjalkov (2006), certaines langues (p.ex. le tatar, le bachkir) connaissent les dérivations antipassives de manière plus ou moins systématique. D’autres langues (p.ex. le yakoute) ne possèdent que quelques traces de l’alternance antipassive, sans parler des langues qui ignorent totalement ce phénomène (p.ex. le khakasse, le karatchaï-balkar, parmi d’autres).

Étant donné que les langues turciques encodent les notions réfléchie et réciproque par le biais de deux marques verbales distinctes, le chapitre 4 s’organise de la...

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