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L’antipassif dans les langues accusatives

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Katarzyna Janic

Inscrit depuis quarante ans dans le domaine de la syntaxe, le phénomène de l’antipassif est traditionnellement associé aux langues à alignement ergatif. Ce travail cherche donc à savoir si la corrélation de l’antipassif avec l’alignement ergatif se vérifie sur l’axe translinguistique. En d’autres termes, jusqu’à quel point doit-on insister sur la dépendance entre l’antipassif et l’alignement ergatif ? Pour comprendre pourquoi le phénomène de l’antipassif a longtemps été négligé dans la description des langues accusatives et quels sont les arguments en faveur d’une telle analyse, cette étude s’appuie sur une approche translinguistique et sur une vision bipolaire relative aux domaines de la syntaxe et de la sémantique.
Dans cet ouvrage, l’auteur s’attache à l’analyse descriptive des constructions antipassives formellement marquées. Étant donné qu’une certaine proportion de langues ergatives utilise, pour dériver l’antipassif, la marque polysémique réfléchie et/ou réciproque, cette étude s’est penchée sur les langues accusatives dont la marque antipassive présente la même caractéristique, d’où l’intérêt porté aux langues austronésiennes, du Niger-Congo, Nilo-sahariennes, turciques, et indoeuropéennes, en particulier aux langues slaves et romanes.
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Chapitre 6. L’antipassif en français et dans d’autres langues romanes

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CHAPITRE 6

L’antipassif en français et dans d’autres langues romanes

De toutes les langues à alignement accusatif, les langues romanes sont sans doute parmi les langues les mieux décrites. Mais elles demeurent peu étudiées en ce qui concerne le phénomène antipassif. S’il y a eu des tentatives pour faire entrer le terme antipassif dans la terminologie des langues accusatives, elles ont été faites plutôt par rapport aux langues slaves qu’en corrélation avec les langues romanes (cf. chapitre 5).

Rares sont les linguistes à parler explicitement de l’antipassif dans la famille romane : il est difficile, voire impossible, de trouver des références. Parmi les langues concernées, seuls le français et l’espagnol donnent quelques résultats positifs, d’où le choix d’étudier l’antipassif dans ces deux langues. Herslund (1997, 2007, 2008) peut être considéré pour le français comme pionnier dans l’étude de l’antipassif. Il examine ce phénomène en détail en fournissant un éventail de verbes aptes à participer à la construction antipassive : (s’)attaquer, (se) saisir, et toucher (à), goûter (à), discuter (de), fouiller (dans), chercher (après). Même si l’existence de l’antipassif en français a déjà été signalée en 1977 par Postal, seuls les travaux d’Herslund (1997, 2007, 2008) donnent réellement une vision détaillée de ce phénomène. Les travaux de Creissels (2006b, 2007) apportent également une contribution importante à la réflexion sur...

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